Les représentants de 193 pays sont réunis à New York pour une nouvelle session de l'Assemblée générale des Nations unies. Voici un tour d'horizon des principaux dossiers qui les attendent cette année.

Un texte de Ximena Sampson

1. Les migrants et les réfugiés

« Il faut que davantage de pays réinstallent plus de personnes chassées de leurs foyers », a déclaré le secrétaire général Ban Ki-moon, à la veille de l'ouverture de l'Assemblée générale.

Selon le Haut-Commissariat Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés, il y avait 65,3 millions de déplacés dans le monde à la fin de 2015, dont 21,3 millions de réfugiés.

C'est un problème qui risque de s'accentuer au cours des prochains mois, craint le journaliste François Brousseau, analyste de Radio-Canada pour les affaires internationales, parce que « la bonne volonté des agences qui travaillent pour les migrants se heurte à la volonté et à la capacité des États et des peuples de les accueillir ».

2. La guerre en Syrie

La Syrie est un autre sujet qui retiendra encore l'attention des États membres au cours de la prochaine année. Après plus de cinq ans de guerre, le pays est en ruines. On compte 4,9 millions de déplacés et plus de 300 000 morts.

Dans ce conflit, « la diplomatie a échoué lamentablement », estime François Brousseau. Les deux premiers émissaires de l'ONU pour la Syrie, Kofi Annan et Lakhdar Brahimi, ont déclaré forfait. Les efforts de leur successeur, Staffan de Mistura, n'ont encore rien donné.

3. Les changements climatiques

La lutte contre les changements climatiques est une priorité du secrétaire général, qui aimerait bien en faire son legs. Estimant « qu'il n'y a pas de temps à perdre », Ban Ki-moon a demandé aux États membres d'agir pour que l'accord de Paris puisse entrer en vigueur avant la fin de l'année.

L'accord, conclu le 12 décembre, vise à maintenir la hausse des températures « bien en deçà de 2 degrés » par rapport à l'ère préindustrielle.

L'ONU insistera également sur la mise en œuvre des 17 objectifs de développement durable, qui ont succédé l'année dernière aux objectifs du Millénaire pour le développement. Leur but est d'éradiquer la pauvreté d'ici 2030.

4. La succession de Ban Ki-moon

Le mandat du secrétaire général se termine le 31 décembre. Douze candidats sont en lice pour le remplacer.

Le conseil de sécurité et l'Assemblée générale devront se prononcer sur la question au cours des prochains mois. Les pays de l'Europe de l'Est pensent que leur tour est venu, mais la balance semble pencher vers l'ancien premier ministre du Portugal, Antonio Guterres.

Dans le contexte de la crise des migrants, M. Guterres, qui a été le haut-commissaire des Nations unies pour les réfugiés, est particulièrement bien placé dans la course, soutient Daniel Caron, chargé de cours au département de science politique de l'Université Laval.

« [La crise des réfugiés] est un des grands dossiers des dernières années. On n'a jamais eu une crise aussi importante au niveau des mouvements de population. Et il a démontré ses très grandes capacités de diplomate. »

5. La réforme de l'ONU

Au cours des dernières années, plusieurs États se sont un peu désengagés de l'organisation, découragés par une gouvernance déficiente.

La composition du Conseil de sécurité, qui n'a pas changé depuis la fin de la guerre froide, est aussi un une source d'irritation majeure pour certains grands donateurs.

« Le nouveau secrétaire général devra faire preuve de leadership et d'un grand talent diplomatique pour faire un changement institutionnel », soutient M. Caron.

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