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Quels recours contre les citrons, ces véhicules défectueux?

C'est la croix et la bannière pour les automobilistes canadiens qui ont acheté un véhicule neuf avec un défaut de fabrication. Certains croient qu'il faudrait une loi anticitron, comme aux États-Unis.

Un texte d'Yvan LamontagneCourriel à La facture

Isabelle Comtois est tombée amoureuse de la Fiat 500 2012 lorsqu'elle a été mise sur le marché au Canada. Mais elle a vite réalisé qu'il s'agissait d'un amour empoisonné.

Toujours au garage

Outre la perte de puissance, la liste des problèmes qu'elle a connus est longue et détaillée : direction, suspension, surcharge électrique, démarrage, fuite d'huile, roulement à billes, infiltration d'eau et hayon rouillé.

Elle a visité son concessionnaire une soixantaine de fois! C'est en moyenne plus d'une fois par mois depuis l'achat du véhicule!

Le président de l'Association pour la protection des automobilistes (APA), George Iny, n'a pas de compliments à faire au manufacturier FCA, Fiat Chrysler Automobiles.

Isabelle Comtois a contacté FCA à maintes reprises. Elle voulait savoir comment le fabricant pouvait la libérer de ce poids, qui lui a coûté 25 000 $. « On me répondait toujours la même phrase : "Vous avez une garantie, Madame, utilisez-la!" »

Mme Comtois a envoyé deux mises en demeure à FCA, exigeant un dédommagement et le rachat de sa Fiat 500. Rien n'a bougé.

Nous avons voulu connaître le point de vue de Fiat Chrysler Automobiles. L'entreprise a refusé de nous accorder une entrevue.

De son côté, Isabelle Comtois a décidé de parler de ses problèmes d'auto sur YouTube, à des centaines de milliers d'internautes. Dans cette vidéo, sa voiture venait tout juste de sortir de chez le concessionnaire :

Andrew Bleakley, évaluateur-inspecteur accrédité par l'APA, a inspecté le véhicule de Mme Comtois en juillet 2015. Nous lui avons demandé de refaire le travail en février 2016.

Un autre consommateur déçu

Alexandre Ligault est lui aussi convaincu d'avoir acheté un citron, même s'il a déboursé 32 000 $, taxes incluses. Il s'est rendu 31 fois chez le concessionnaire avec son modèle luxueux de Fiat 2012 depuis l'achat. Problèmes de suspension, de démarrage, etc.

Il n'est plus couvert par la garantie du manufacturier. Il aimerait bien se débarrasser de son citron, mais son concessionnaire ne lui offre que 6000 $. Pourtant, le prix de vente moyen du véhicule, selon le Canadian Black Book, dépasse les 13 700 $. C'est plus que le double.

Quels recours?

Au Canada, les propriétaires d'auto qui sont incapables de résoudre leurs problèmes avec le fabricant peuvent recourir au PAVAC (Programme d'arbitrage pour les véhicules automobiles du Canada). Ce programme est financé entièrement par les manufacturiers.

Selon le PAVAC, dans un cas d'arbitrage sur trois, toutes marques confondues, le constructeur a racheté le véhicule.

George Iny, de l'APA, croit que les automobilistes seraient mieux servis avec l'équivalent de la loi anticitron en vigueur dans 50 États américains. Un manufacturier doit échanger ou racheter un véhicule si un problème survient trois fois et qu'il est incapable de le réparer.

L'Office de la protection du consommateur (OPC) a concocté une disposition anticitron. Elle permettrait au consommateur d'obtenir un véhicule neuf ou son remboursement. Cependant, l'OPC n'a encore rien recommandé à la ministre québécoise de la Justice.

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