Le nombre de satellites en orbite autour de la Terre a augmenté exponentiellement depuis une vingtaine d'années. Dans les années 60, moins d'une dizaine de pays en disposaient, aujourd'hui une cinquantaine d'États en ont, mais leur degré de maîtrise de la technologie est très variable.

Un texte de Ximena Sampson

Note : 105 autres satellites non situés sur la carte sont le résultat de la collaboration entre plusieurs pays.

Source : Union of Concerned Scientists

Puissance et prestige

Depuis la mise en orbite par l'ex-URSS de Spoutnik, le 4 octobre 1957, plus de 5500 lancements de satellites ont été effectués. Au début, la course à l’espace s’est disputée entre les Russes et les Américains, mais au fil des ans d’autres joueurs sont entrés en scène.

C'est le cas de plusieurs pays européens, mais aussi de puissances comme le Japon, la Chine, l’Inde et Israël, et, plus récemment, l’Iran, la Corée du Nord et la Corée du Sud, qui sont maintenant capables de développer leurs propres satellites et de les lancer par eux-mêmes.

Qu’est-ce qui pousse les pays à vouloir se faire une place dans l'espace?

« Un objet spatial est un symbole de fierté nationale, un affichage de modernité, de compétence et d’ambition », soutient Florence Gaillard-Sborowsky, chargée de recherche à la Fondation pour la recherche stratégique, à Paris.

« Il y a toujours une instrumentalisation politique de la technologie spatiale aux fins de reconnaissance nationale, régionale ou internationale », ajoute-t-elle.

C’est le cas notamment pour la Chine. Lors de l’ouverture du plus récent congrès du Parti communiste, en octobre dernier, le président chinois, Xi Jinping, a clairement énoncé l'objectif de faire de son pays une puissance spatiale.

D'ici 2045, la Chine désire rivaliser avec les États-Unis dans l'espace.

D’autres États se contentent d’acquérir la technologie sans nécessairement la dominer. Ils achètent donc des satellites pour les télécommunications ou l’observation de la Terre, mais ce ne sont pas eux qui les produisent ni les lancent.

C’est ce qu’ont fait le Maroc et l’Angola, qui viennent tout récemment de lancer des satellites achetés, respectivement, aux Européens et aux Russes.

Pour leur part, l’Algérie, l’Afrique du Sud et le Brésil souhaitent coopérer avec des États qui possèdent la technologie afin d’amorcer un transfert de connaissances, souligne Mme Gaillard-Sborowsky.

La place du privé

Outre cette relative démocratisation de l’accès à l’espace, un autre phénomène récent est l’apparition d’acteurs privés, affirme Florence Gaillard-Sborowsky. Alors que, pendant des décennies, les gouvernements investissaient dans les technologies spatiales, depuis les années 2000, des acteurs privés se positionnent eux aussi dans ce domaine.

Un des plus actifs est SpaceX, du millionnaire Elon Musk, qui est parvenu à se tailler une place importante grâce à sa fusée Falcon 9. L’entreprise a procédé à une quinzaine de lancements réussis en 2017.

C’est d’ailleurs SpaceX qui exécutera le lancement de la constellation RADARSAT, de l’Agence spatiale canadienne, dans le courant de l’année. SpaceX a également réalisé plusieurs missions de ravitaillement pour la Station spatiale internationale.

Les risques

Avec tous ces objets en orbite au-dessus de nous, faut-il craindre qu'ils nous tombent sur la tête? Pas vraiment, croit Michel Doyon, gestionnaire des opérations de vol à l’Agence spatiale canadienne. « La majeure partie des débris se désagrègent en rentrant dans l’atmosphère », explique-t-il.

Certains métaux employés dans les lanceurs, comme le titanium, qui résistent à des températures très élevées, peuvent traverser l’atmosphère, mais les risques sont infimes de les voir retomber dans des zones habitées, selon lui. « Les chances que ça tombe sur quelqu’un sont très très faibles. Habituellement, ça tombe dans la mer. »

Un autre problème plus grave est celui des débris spatiaux en orbite autour de la Terre qui risquent d’entrer en collision les uns avec les autres. « Tous les pays qui ont un rôle dans l’espace s’en préoccupent et tentent de trouver des solutions », affirme-t-il.

On essaie d’abord d’éviter la prolifération de ces déchets, entre autres à travers le travail collaboratif au sein du Comité des Nations unies sur l'utilisation pacifique de l'espace extra-atmosphérique (COPUOS).

Les opérateurs sont notamment tenus de s’assurer que leur fournisseur de satellites dispose d’un plan pour gérer ces derniers une fois qu'ils seront dans l’espace.

C’est justement la fonction du Joint Space Operations Center (Centre d'opérations spatiales conjoint) d’identifier et de suivre à la trace les 23 000 objets artificiels de plus de 10 cm qui sont en orbite autour de la Terre. S’il y a un risque de collision, une alerte prévient les opérateurs de satellites afin qu’ils puissent programmer des manœuvres d’évitement.

Il y a déjà quelque 8500 satellites opérationnels et non opérationnels en orbite dans l'espace et on prévoit le lancement de 6000 autres (dont plusieurs nanosatellites) au cours de la prochaine décennie.

Plus d'articles

Vidéo du jour


Recettes de Noël - Ragoût de boulettes de dinde et épinards