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Qui sont les cancres et les zélés du climat? La réponse en cartes

Quelles provinces font le plus d'efforts pour réduire les émissions de gaz à effet de serre? Quelles sont celles qui se croisent les bras? Voici un tour d'horizon avec des cartes et des analyses.

Un texte de Danielle Beaudoin

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Les meilleurs élèves

La Colombie-Britannique, le Québec et l'Ontario ont travaillé plus fort que les autres provinces pour lutter contre les changements climatiques, selon Annie Chaloux, professeure et directrice de l'Observatoire des politiques publiques de l'Université de Sherbrooke (OPPUS).

L'experte constate que le Québec a été particulièrement proactif dans ce domaine, notamment en raison de la création en 2013 d'un marché du carbone avec la Californie.

Pour Annie Chaloux, l'Ontario est un « joueur très important », qui a pris du galon au cours des dernières années. Cette province a annoncé récemment qu'elle allait se joindre au marché du carbone Québec-Californie.

Aussi, l'Ontario, qui produisait beaucoup d'énergie à partir du charbon, a fermé graduellement l'ensemble de ses centrales au charbon entre 2003 et 2014. « C'est une action concrète. On voit vraiment qu'ils ont désiré changer de cap et amorcé une transformation dans la production de leur électricité pour opter davantage pour des sources durables. »

Quant à la Colombie-Britannique, elle a instauré une taxe carbone, qui est passée de 10 $ la tonne en 2008 à 30 $ en 2012. Selon Charles Séguin, professeur au Département des sciences économiques de l'UQAM, la Colombie-Britannique est probablement la « meilleure élève » au Canada avec cette taxe carbone. « Au niveau de la planète, c'est un prix qui est dans la bonne moyenne des juridictions qui font une lutte sérieuse contre les changements climatiques. »

Les cancres

Annie Chaloux et Charles Séguin s'entendent pour dire que les mauvais élèves en matière de lutte contre les changements climatiques sont l'Alberta et la Saskatchewan.

Elle fait valoir que des provinces comme le Québec ont beau s'échiner à réduire leurs émissions, « tout ça se retrouve à être absorbé par une augmentation qui continue à se faire du côté de l'Alberta et de la Saskatchewan ».

L'experte souligne que les émissions de GES de l'Alberta ont augmenté de 53 % par rapport à 1990, passant de 174 à 267 mégatonnes, et celles de la Saskatchewan ont augmenté de 66 % par rapport à 1990, passant de 45 à 74 mégatonnes.

Charles Séguin rappelle que les émissions de l'Alberta sont trois fois plus grandes que celles du Québec pour une population moitié moins importante.

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Charles Séguin estime que l'Alberta est « quand même un petit peu mieux que sa voisine, la Saskatchewan ». À son avis, l'Alberta réalise que la lutte contre les changements climatiques est maintenant incontournable, et qu'il y a au moins « une ouverture à la réglementation ».

Charles Séguin explique que les « cancres » sont désavantagés parce que leur économie est basée sur le pétrole, contrairement à des provinces comme le Québec ou la Colombie-Britannique, qui ont d'importantes ressources hydroélectriques.

Donner des bonbons aux mauvais élèves?

Pour Annie Chaloux, le « noeud de la guerre » au Canada sera de convaincre les provinces productrices de pétrole de laisser l'or noir dans le sol ou du moins d'en freiner l'exploitation et de diversifier leur économie.

L'experte note par contre que si le gouvernement fédéral aide l'Alberta d'une manière ou d'une autre, il devrait aussi soutenir toutes les autres provinces. Charles Séguin est aussi du même avis : « Ça va être un jeu délicat de négociation entre donner des incitatifs aux mauvais élèves sans faire sentir aux bons élèves qu'ils sont pénalisés pour avoir agi plus tôt. »



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