Maintenant que Stephen Harper abandonne la tête du Parti conservateur, la formation de droite doit se trouver un nouveau chef. À peine les conservateurs défaits, le député Jason Kenney semblait donner le coup d'envoi de la course à la direction du parti en critiquant la manière dont la campagne électorale a été menée. Voici quelques candidats potentiels.

Jason Kenney

Considéré comme le meneur, Jason Kenney était un des hommes forts du Cabinet Harper. Il est un bon communicateur dans les deux langues officielles, un atout.

Dans la dernière décennie, il a profité de son poste de ministre de l'Immigration et du Multiculturalisme pour aller chercher l'appui des communautés culturelles, notamment dans les banlieues de Toronto, Calgary et Vancouver, ce qui sert bien le parti.

Il a un excellent réseau et, selon les organisateurs politiques du parti, beaucoup des collègues de M. Kenney « lui en doivent une » après toutes les campagnes de financement auxquelles il a participé et toutes les apparitions qu'il a faites.

Reste à savoir si l'homme de 47 ans est intéressé par le poste, après neuf ans au Cabinet, surtout que le parti sera dans l'opposition durant au moins quatre ans.

Il vient de Calgary, la même ville que Stephen Harper, ce qui pourrait déplaire à ceux qui désirent un chef issu de l'est ou du centre du pays, dans le but d'y faire des gains.

Puisque Jason Kenney est célibataire, certains se demandent aussi s'il servirait bien un parti qui défend la famille. Son conservatisme social sur des enjeux comme l'avortement pourrait aussi décourager les conservateurs plus progressistes de rester dans le parti.

C'est d'ailleurs l'enjeu central de cette course à la direction : trouver un chef rassembleur.

Kellie Leitch

Élue pour la première fois en 2011, cette médecin ontarienne peut compter sur un important réseau qu'elle a bâti en Ontario avec l'aide de Jim Flaherty, aujourd'hui décédé. Obtenir l'appui de cette province est essentiel si les conservateurs veulent reprendre le pouvoir, ce qui joue en sa faveur.

Kellie Leitch, 41 ans, a aussi des liens avec le Parti progressiste-conservateur de l'Ontario.

Selon des sources à l'intérieur du parti, elle travaille à constituer son équipe pour la course à la direction depuis plus d'un an. Elle est perçue comme une bonne travaillante, et, comme M. Kenney, elle a participé de nombreux événements pour le parti un peu partout au pays.

Mme Leitch est toutefois peu connue en dehors du parti et en dehors de l'Ontario. Elle est peu à l'aise avec tous les rouages de la politique, contrairement à Stephen Harper, qui menait son parti d'une main de fer.

Lisa Raitt

Mme Raitt est une bonne communicatrice, mais elle n'est pas bilingue. Elle est devenue une ministre importante du Cabinet Harper, plus récemment aux Transports. Elle a notamment dû gérer la réponse au déraillement de Lac-Mégantic, en 2013, et ses collègues estiment qu'elle a fait du bon travail. Auparavant, elle avait été ministre du Travail et avait désamorcé avec succès des luttes syndicales à Postes Canada et Air Canada.

Reste à voir si le poste la tentera, puisqu'elle a deux jeunes garçons à la maison.

Maxime Bernier

Le Beauceron est le héros de tous les libertariens au sein du Parti conservateur. Âgé de 52 ans, il prêche pour des impôts bas, la fin des subventions aux entreprises et une intervention minimale du gouvernement dans l'économie.

Comme Québécois, il pourrait permettre à son parti de faire des gains dans sa province, où les électeurs, dans l'ensemble, n'étaient pas séduits par le style politique de Stephen Harper.

Comme ministre de l'Industrie, Maxime Bernier a commencé à déréglementer l'industrie des télécommunications. Il peut s'attendre à recevoir les appuis de l'Institut économique de Montréal et de la Fédération canadienne des contribuables.

Mais M. Bernier a aussi ses faiblesses. Sa réputation a pris un dur coup en 2007. Il avait alors été éjecté de son siège de ministre des Affaires étrangères après avoir oublié des documents classés sensibles chez son amie de coeur Julie Couillard.

Jean Charest

Il faut rappeler que l'ancien premier ministre libéral du Québec a commencé sa carrière comme ministre du Cabinet du gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney.

Il est un bon communicateur et a de l'expérience comme premier ministre, après avoir dirigé le Québec durant neuf ans, avant de se faire battre par le Parti québécois en 2012.

Le scandale entourant la corruption dans l'industrie de la construction au Québec, qui a mené à la commission Charbonneau, pourrait toutefois lui nuire.

Jean Charest pourrait être aimé de certains pour son leadership différent de celui de Stephen Harper, mais il serait difficile à vendre auprès des conservateurs de l'ouest du pays. Pour plusieurs ex-réformistes, Jean Charest est au mieux un conservateur progressiste, au pire un libéral.

Certains conservateurs lui en veulent encore d'avoir utilisé les 700 millions de dollars d'Ottawa pour la correction du déséquilibre fiscal afin de diminuer les impôts au Québec. Jean Charest en avait fait une promesse électorale en 2007.

M. Charest a déclaré cet été qu'il n'était pas intéressé par la direction du Parti conservateur.

Brad Wall

Le premier ministre de la Saskatchewan a gagné l'estime des milieux conservateurs canadiens, notamment en raison de la bonne performance économique de la province qu'il dirige depuis 2007.

Il a toutefois déjà indiqué qu'il ne convoitait pas la direction du Parti conservateur fédéral, la dernière fois lundi soir. « J'ai le meilleur emploi au Canada, a-t-il répondu lorsque la question lui a été posée. Je dis toujours ça parce que je me considère chanceux de l'avoir. En mars prochain, nous aurons nos propres élections, et je serai candidat à ce même poste. »

L'unilinguisme de M. Wall est aussi considéré comme un obstacle à une éventuelle candidature à la succession de Stephen Harper.

Avec des informations de Chris Hall, CBC

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