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Radio-Canada veut combattre les géants du web aux côtés de ses concurrents canadiens

Le vice-président principal des Services français de Radio-Canada, Michel Bissonnette, lance un appel à une meilleure collaboration entre les producteurs de contenu culturel francophone, « afin de mieux concurrencer les Google, Netflix et Facebook de ce monde ».

Dans une allocution prononcée devant la Chambre de commerce du Montréal métropolitain, mercredi, M. Bissonnette se dit préoccupé par l’intérêt que génère Netflix, notamment chez les jeunes, et par la baisse marquée d’intérêt pour les contenus originaux francophones présentés à la télévision.

Il souligne que 55 % des personnes francophones de 18 à 34 ans sont abonnées à Netflix. Il ajoute que le marché canadien de la télévision francophone a connu « pour la première fois » une importante baisse d’écoute cet automne.

« On parle d’une baisse de 15 % chez les 25-54 ans », dit-il.

Selon M. Bissonnette, les gros joueurs de la télévision francophone au Canada ne doivent pas laisser des décisions gouvernementales dicter leur avenir, mais plutôt chercher à s'unir pour s’assurer eux-mêmes de la vitalité et de la survie de l'industrie.

Il interpelle notamment TVA, V, Bell et Télé-Québec, « qui investissent tous dans le contenu original et la production indépendante ».

Une menace pour la culture canadienne

De retour d’un voyage dans la Silicon Valley, la ministre fédérale du Patrimoine, Mélanie Joly, a fait écho aux propos du vice-président principal de Radio-Canada dans une entrevue au journal Le Devoir publiée mercredi.

Selon elle, le problème des géants du web est qu’ils ne reconnaissent pas leurs responsabilités et l’ampleur de leur impact dans les secteurs comme le journalisme et la culture.

Mme Joly affirme que, dans un avenir rapproché, ces derniers devront toutefois « respecter nos politiques culturelles et aussi mieux répartir les bénéfices liés à leur modèle d'affaires ».

La ministre a cependant réitéré qu’il était nécessaire de réformer les lois canadiennes pour parvenir à leur imposer des normes. Elle compte notamment sur la modernisation des lois canadiennes sur la radiodiffusion et les télécommunications, dont les détails devraient être annoncés sous peu, et sur la modification de la Loi sur le droit d’auteur.

En septembre dernier, Mélanie Joly avait été confrontée à une levée de boucliers après avoir présenté sa politique culturelle, notamment une entente survenue entre le Canada et Netflix. Le service de télévision en diffusion continue a promis d'allouer au moins 500 millions de dollars dans les cinq prochaines années à des projets provenant de producteurs canadiens, tandis qu'il continue à bénéficier d'une exemption de taxer ses clients canadiens.

Mme Joly avait ensuite affirmé que l'entente n'était qu'une « transition » permettant d’« avoir de l’argent à court terme » pour investir dans la culture canadienne.

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