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Raif Badawi serait sur une liste de pardon royal

Selon des informations obtenues par son épouse, Ensaf Haidar, le blogueur Raif Badawi, qui est emprisonné en Arabie saoudite, serait sur une liste de détenus qui obtiendraient un pardon royal.

Un texte de Geneviève Proulx

C'est lors d'un voyage en Autriche, en novembre, qu'Ensaf Haidar a appris la nouvelle. « Le Parlement européen, lors d'une visite en Arabie saoudite, a demandé d'aller visiter Raif. Le gouvernement n'a pas voulu. Il a dit que Raif allait bien et qu'il était dans une liste de gens qui seraient pardonnés par le roi, mais on ne sait pas c'est quand », a-t-elle relaté en conférence de presse à Ottawa jeudi midi.

Des parlementaires de la sous-commission des droits de l'homme du Parlement européen se sont déplacés jusqu'en Arabie saoudite en octobre dernier pour plaider la cause des droits de la personne. Dans leurs discussions, ils ont réitéré leur appel à la libération de Raif Badawi.

Selon Ensaf Haidar, le roi gracie des prisonniers chaque année. « Ça fait longtemps que le gouvernement dit que le dossier de Raif n'est pas fermé. La bonne nouvelle, c'est que Raif est dans cette liste pour la première fois. C'est aussi la première fois qu'il y a une liste de prisonniers d'opinion. »

Mme Haidar ne sait toutefois pas combien de personnes se retrouvent sur cette liste. « Même le Parlement européen n'a pas les détails. Moi, je ne sortais pas la nouvelle parce qu'on m'avait demandé de garder la chose secrète, mais ils ont rendu la chose publique. C'est pour ça que j'en ai parlé sur le compte Twitter de la Fondation Raif Badawi ce matin. »

Toutefois, Radio-Canada n'a pas été en mesure de faire confirmer la nouvelle par les représentants du Parlement européen qui ont plaidé la cause de Raif Badawi.

Du côté d'Amnistie internationale, on ne souhaite pas commenter la situation pour l'instant.

Une délégation québécoise, dont font partie l'ex-député libéral Irwin Cotler et la députée péquiste Agnès Maltais, était en préparation pour aller plaider la cause de Raif Badawi auprès du gouvernement saoudien en février ou en mars prochain. Le projet est mis sur la glace pour l'instant, étant donné les derniers développements.

Ce n'est pas la première fois que des rumeurs font état d'une possible libération du prisonnier. En novembre 2015, le secrétaire d'État suisse aux Affaires étrangères, Yves Rossier, avait été informé que la « sentence avait été suspendue ».

En prison depuis juin 2012, Raif Badawi a été condamné à 10 ans de détention, à 1000 coups de fouet et à une amende. Il a écopé de cette lourde peine pour avoir mis sur pied un site Internet baptisé Libérez les libéraux saoudiens. Le blogueur, dont la femme et les enfants habitent à Sherbrooke, a également été puni parce qu'il aurait insulté l'islam.

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