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Réactions mitigées au plaidoyer de culpabilité de l'ancien maire de Laval

La décision de l'ancien maire de Laval de plaider coupable aujourd'hui à une partie des accusations qui pèsent contre lui – fraude envers le gouvernement, abus de confiance et de complot – réjouit une partie de la classe politique, mais en laisse une autre sur sa faim. Pendant que certains se réjouissent que « justice soit rendue », d'autre estime que l'ancien élu corrompu s'en tire à bon compte.

Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coiteux, estime que l'important consiste à faire payer les criminels pour leurs délits. Il faut que les « gens qui ont commis des gestes graves soient jugés ou paient de leur crime. »

Ce qui est important pour la population, c’est que justice soit rendue.

Martin Coiteux

Sa collègue responsable de la région de Laval, Francine Charbonneau, abonde en ce sens. « Ça fait plusieurs années qu’on en parle, ça fait plus de quatre ans qu’on est dans le tourbillon, avance-t-elle. Je pense que l’expression est bien choisie, ça va tourner la page. »

Née en 2011 dans la foulée des scandales à Laval, la Ligue d'action civique, qui milite pour plus d’intégrité en politique municipale, accueille elle aussi favorablement la décision de l'ancien maire de Vaillancourt.

Elle y décèle un message important.

« On espère que tous ceux qui voudront faire de la politique au Québec le feront, mais d'une manière contraire à celle de Gilles Vaillancourt et on démontre aujourd'hui où ça mène, ça mène en prison! », explique son président Frédéric Lapointe.

« On aurait aimé avoir un procès, pouvoir entendre l’ensemble de la preuve et on aurait pu voir M. Vaillancourt faire face à l’ensemble des accusations », souligne de son côté la députée du Parti québécois, Véronique Hivon.

Un avis partagé par sa collègue de la Coalition avenir Québec (CAQ) Nathalie Roy : « Ça aurait été bien intéressant de savoir ce qu’il y avait dans cette preuve-là, avec qui M. Vaillancourt avait magouillé. »

Le chef de l'opposition à la Ville de Laval, Jean-Claude Gobé, estime quant à lui que Gilles Vaillancourt s'en sort trop bien, notamment en raison du remboursement -prévu qui pourrait ne représenter qu’une partie des sommes détournées.

« Ce n’est pas n'importe quoi ce qui est arrivé là, et là du coup, on tourne la page comme ça?, déplore-t-il. D'autres seront tentés de le faire en disant : "ah ben je [ne] risque pas plus, un an et demi, deux ans de prison maximum". »

L’ancienne juge Suzanne Coupal corrobore le raisonnement de M. Gobé en soulignant, en entrevue à RDI, qu’un plaidoyer de culpabilité comporte des avantages pour les deux partis.

Il faut que la défense soit convaincue que son client sera reconnu coupable hors de tout doute raisonnable et qu’en plaidant coupable il obtiendrait quelque chose de plus.

Suzanne Coupal

Mme Coupal précise que la jurisprudence du système judiciaire reconnait la valeur d’un plaidoyer de culpabilité. Les criminels qui reconnaissent ainsi leurs crimes obtiennent la clémence de la Cour lors de la détermination de la peine.

La reconnaissance de culpabilité de M. Vaillancourt permet à la Couronne d’éviter qu'il échappe à la justice. Les importants délais qui minent présentement la Justice risquaient de faire avorter le procès.

L’ancien maire de Laval quittera son condominium de l’île Patton pour le palais de justice de Laval, ce matin.

Au moment où l’Unité permanente anticorruption (UPAC) resserrait son étau autour de lui, Gilles Vaillancourt démissionne, le 9 novembre 2012, du poste de maire de Laval qu’il occupait depuis 23 ans.

L’homme qui siégeait au conseil municipal de Laval depuis 39 ans avait quitté temporairement ses fonctions le 24 octobre précédent en invoquant des raisons de santé.

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