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Réactions partagées à l'annonce de la refonte du projet de REM

L'annonce, jeudi, du changement de nom du projet de REM, désormais rebaptisé Réseau express métropolitain, accompagné d'un changement du tracé et d'une hausse du budget, n'a pas fait que des heureux, ici comme ailleurs. Si plusieurs acteurs sociétaux se disent heureux des modifications, d'autres déplorent la précipitation des démarches et leur « opacité ».

À la Fondation David Suzuki, un important organisme de défense de l'environnement, on se rallie ainsi à la nouvelle mouture du projet qui doit voir le jour en 2021.

Son directeur général pour le Québec et l'Atlantique, Karel Mayrand, salue un réseau de transport qui sera « rapide et prévisible ». « On s'attend à un service très fiable. »

Pour M. Mayrand, les divers services de transport actuels – trains de banlieue, autobus, taxis – « n'offrent pas la prévisibilité et la fiabilité » désirées par la population.

De son côté, François Pépin, président de Trajectoire Québec, une organisation qui travaille à la promotion des droits des citoyens en matière de transports collectifs, souligne que l'important est que ce REM « se concrétise rapidement ».

M. Pépin estime par ailleurs que démarrer le service l'été permettra d'effectuer le rodage du nouveau service et de venir à bout de certaines difficultés qui pourraient survenir, le tout avant l'hiver et ses conditions habituellement difficiles.

Son de cloche similaire à l'Institut de développement urbain du Québec, qui estime, par la voix de son président-directeur général, André Boisclair, que le REM « changera pour toujours le visage de Montréal. La ville s'intensifiera comme jamais et ce sont les citoyens de la région métropolitaine qui sortent les premiers gagnants ».

Pas que des heureux

Tous ne sont néanmoins pas aussi enthousiastes. Chez Bombardier, qui s'est retrouvée exclue de l'appel d'offres au profit du consortium mené par SNC-Lavalin et Alstom, on explique que les 600 employés de l'usine de La Pocatière, où ont été fabriqués les wagons Azur du métro de Montréal, se retrouvent maintenant dans une situation précaire.

« On attendait [le projet] avec beaucoup d'impatience. Il y a sûrement des raisons qui font que Bombardier n'a pas été retenue », a indiqué le porte-parole Éric Prud'homme. Il espère que les commentaires du premier ministre Philippe Couillard, qui a déclaré que « Bombardier ne serait pas en reste », et que des prolongements de lignes de métro allaient poindre à l'horizon, se concrétiseront.

À la Confédération des syndicats nationaux (CSN), on se réjouit des perspectives d'emploi pour les travailleurs d'Alstom à Sorel Tracy, mais on trouve dommage que leurs confrères de Bombardier, à La Pocatière, ne profitent pas eux aussi de cette manne financière.

« Nous aurions aimé que nos collègues syndiqués de Bombardier Transport puissent participer eux aussi au projet du REM, mais on ne baisse pas les bras. Nous nous attendons à ce que le gouvernement les considère pour les futures annonces concernant la ligne bleue du métro, le tramway à Québec ou encore, l'éventuelle ligne rose, si elle voit le jour », a ainsi expliqué le vice-président à la santé et à la sécurité, environnement, à la CSN, Louis Bégin.

Le syndicat entend d'ailleurs obtenir prochainement des détails supplémentaires sur les possibles impacts environnementaux du nouveau tracé du REM, le mode de propriété du futur réseau et la façon dont ce circuit sera relié au réseau de transport en commun existant.

Ces interrogations sont partagées par le co-porte-parole de Québec solidaire Gabriel Nadeau-Dubois, qui affirme dans une déclaration transmise par communiqué que « lorsqu'il est question du REM, tout va vite ».

« Le gouvernement ignore l’opposition citoyenne, les impacts environnementaux ou les craintes par rapport au prix élevé des billets. Il n’y a jamais rien d’assez gros pour freiner l’avancement du REM. C’est peut-être parce que le tracé traverse essentiellement des circonscriptions qui votent pour le Parti libéral », assène-t-il, avant de rappeler que le gouvernement « avance à pas de tortue » lorsque vient le temps d'investir dans les transports de l'est de l'île de Montréal, où l'on promet entre autres le prolongement de la ligne bleue depuis des décennies.

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