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Redorer l'image de l'enquête nationale sur les femmes autochtones

Les commissaires Michèle Audette et Brian Eylfson de l'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) se sont adressés mercredi aux participants de la 38e assemblée générale annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) qui se déroule à Regina, en Saskatchewan.

Dans son discours, la commissaire Michèle Audette a voulu renforcer l’image ternie de la commission d'enquête, tout en assurant comprendre que l’attente des familles a assez duré.

Cet évènement a également été l’occasion d’expliquer tout le processus de l’enquête nationale aux membres des Premières Nations présents. Les commissaires ont aussi expliqué les forces, mais aussi les limites de l'enquête.

Une défense ardue

Les commissaires ont tenté difficilement de plaider en faveur de leur bilan, explique Marie Vastel, la correspondante parlementaire à Ottawa pour Le Devoir, au micro de Patrick Masbourian à l'émission Gravel le matin, à Ici Radio-Canada Première à Montréal.

Une confiance à zéro

Au cours de la période de questions qui a suivi la présentation, des proches des femmes et des filles autochtones disparues ou assassinées ont raconté avoir perdu confiance dans le processus de l’enquête. Ils se demandent entre autres où va l’enquête après cinq démissions. Ils affirment que l'Enquête nationale a déjà échoué et appellent ni plus ni moins à reprendre le processus à zéro.

Les membres de ces familles ont livré des messages empreints d'émotion, mercredi, au moment où deux des commissaires se présentaient à la rencontre annuelle de l'Assemblée des Premières Nations (APN) pour expliquer le processus d'enquête.

Gerri Pangman, dont la soeur et la tante ont été tuées, a entre autres soutenu que la commission fédérale était un échec, car elle ne fait pas rendre de comptes à la police. « Pour cette enquête nationale, dans les termes de référence, le fait d'écarter la police, c'est un échec et un déshonneur pour ma soeur », a-t-elle dit.

Le mari de Jennifer McPherson, sa soeur, a été condamné de meurtre en 2014. Celui-ci a ensuite plaidé coupable de meurtre non prémédité pour la mort d'une femme du Manitoba, Myrna Letandre, disparue en 2006. « Il a fallu la mort de ma soeur pour que la famille de Myrna obtienne justice, alors que cela aurait pu être fait en 2006 et ma soeur serait ici », a souligné Gerri Pangman.

Christine Simard-Chicago, qui a perdu une cousine en 2011,croit que les commissaires ont les mains liées par les règles du gouvernement. Elle soutient que cela doit changer. Si les familles travaillent ensemble pour trouver des solutions qui aideront les commissaires à progresser dans leur travail, « peut-être que nous pouvons arriver à certaines recommandations bonnes et concrètes », précise Christine Simard-Chicago.

Marion Buller sur la sellette

Tout comme plusieurs chefs de Premières Nations au pays, le député Roméo Saganash souhaite que la présidente de la commission d'Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées (ENFFADA) se retire.

Selon Roméo Saganash, la commissaire en chef Marion Buller n'a pas réussi à convaincre les Autochtones de l'efficacité de sa démarche, malgré des dépenses qu'il évalue actuellement à plus de 11 millions de dollars.Roméo Saganash est même d'avis que la ministre des Affaires autochtones, Carolyn Bennett, aurait dû intervenir.

La commission d'Enquête nationale sur les femmes autochtones disparues et assassinées dispose d'un budget de près de 54 millions de dollars. Elle doit s'acquitter de son mandat au plus tard le 31 décembre 2018.

Quant à cette assemblée générale annuelle de l'APN, commencée mardi, elle se termine aujourd'hui.

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