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Réforme du mode de scrutin : oui ou non à un référendum?

Les discussions n'ont pas encore formellement débuté sur le mode de scrutin que devrait adopter le Canada, que déjà, le débat sur la manière de consulter les Canadiens à ce sujet fait rage. Les conservateurs demandent au gouvernement de Justin Trudeau de suivre l'exemple de juridictions qui ont choisi la voie du référendum pour modifier leur mode de scrutin.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

Le premier ministre ne semble toutefois pas chaud à l'idée de tenir un référendum, lui qui tient à une réforme de la manière de voter au pays.

Voici quelques exemples de référendums qui ont été tenus sur cette question au Canada et à l'étranger.

Les échecs au Canada

Au pays, trois provinces ont consulté la population pour changer le mode de scrutin : la Colombie-Britannique, l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard. Dans chaque cas, le seuil d'appui pour qu'un changement soit réalisé n'a pas été atteint.

En Colombie-Britannique, en 2005, les électeurs étaient appelés à se prononcer sur une proposition du gouvernement de laisser tomber le scrutin uninominal majoritaire à un tour pour le système du vote unique transférable qui aurait permis une meilleure représentativité. Pour que le changement survienne, 60 % des électeurs devaient l'appuyer. Ce sont finalement 57 % d'entre eux qui ont donné leur accord.

En 2009, la question a de nouveau été posée aux Britanno-Colombiens qui, cette fois, ont choisi le statu quo à 60 %.

Dans les deux autres provinces où se sont tenus des référendums sur un nouveau mode de scrutin, l'Ontario et l'Île-du-Prince-Édouard, l'option du changement a aussi été rejetée.

Pour consulter ce graphique sur votre appareil mobile, cliquez ici. 

Le changement néo-zélandais

En Nouvelle-Zélande, avant 1992, les électeurs votaient de la même manière qu'au Canada, avec le scrutin uninominal majoritaire à un tour. Le gouvernement a organisé un référendum pour demander aux électeurs néo-zélandais s'ils préféraient se prononcer d'une autre manière pour élire leurs représentants.

Le référendum s'est déroulé en deux étapes. Le gouvernement demandait tout d'abord aux électeurs s'ils désiraient un changement. On demandait par la suite aux Néo-Zélandais de choisir, dans une liste, le mode de scrutin qui leur semblait le plus efficace.

Les électeurs de la Nouvelle-Zélande ont voté de nouveau sur la question en 1993 et en 2011. Dans les deux cas, ils ont choisi de conserver le système proportionnel mixte qu'ils avaient adopté en 1992.

Le rejet britannique

Au Royaume-Uni aussi, les citoyens ont été appelés à se prononcer sur leur mode de scrutin. En 2011, on leur a demandé de choisir entre le système uninominal majoritaire à un tour en place et un système de vote préférentiel.

Le premier ministre conservateur David Cameron s'était publiquement prononcé contre un changement.

Le 5 mai 2011, les Britanniques se sont clairement prononcés pour le statu quo.

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Parmi les autres pays où les électeurs ont déjà eu le même mode de scrutin qu'au Canada, il y a l'Australie. En 1918, ce pays a abandonné le système uninominal majoritaire à un tour pour laisser place au vote préférentiel. La population n'avait toutefois pas été consultée.

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