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Réfugiés : le Canada a changé d'approche, selon les experts

Le Canada a changé d'approche au cours des dernières années dans sa gestion de l'accueil des réfugiés, selon des experts qui soulignent le contraste entre la situation actuelle des Syriens et celle des Vietnamiens dans les années 1970.

Les gouvernements libéraux et conservateurs des années 1970 et 1980 avaient accueilli à bras ouverts 60 000 réfugiés indochinois qui fuyaient les régimes communistes après la chute de Saïgon, au Vietnam, en 1975, rappelle Catherine Dauvergne, doyenne de la Faculté de droit de l'Université de la Colombie-Britannique et experte en droit de l'immigration au Canada et en Australie.

Son constat est sans appel : la réponse du Canada à la guerre civile en Syrie n'est pas conforme aux exemples du passé.

L'écrivaine québécoise Kim Thuy a fait partie des milliers de boat people qui ont quitté le Vietnam à la fin des années 1970, dont 8000 ont trouvé refuge au Québec. Elle avait 10 ans à l'époque.

En entrevue à l'émission 24/60, Kim Thuy a trouvé que la photo du petit Alan, 3 ans, échoué sur une plage turque, est très violente, comme beaucoup d'autres photos qu'elle a vues au cours des deux dernières années.

« J'espère que dans un mois, on va encore parler de cette photo-là. Avec des solutions qui auront été trouvées. Ou sinon de nouvelles politiques qui vont avoir été élaborées. Et qu'on n'aura pas oublié cette photo-là, un peu comme les 200 filles de Boko Haram dont on n'entend plus parler », dit Kim Thuy.

Objectif : 23 000 Irakiens et 11 300 Syriens

Le ministre fédéral de l'Immigration, Chris Alexander, soutient que le Canada a accueilli 22 000 Irakiens et 2300 Syriens jusqu'à présent. Et le gouvernement s'est fixé comme objectif d'accepter la venue de :

  • 23 000 Irakiens;
  • 11 300 Syriens.

Mais les changements apportés par les conservateurs à la Loi sur des mesures de réforme équitables concernant les réfugiés et aux autres lois compliquent les démarches des réfugiés qui veulent rester au pays, selon Catherine Dauvergne. Par exemple, les amendements ajoutés en 2012 qui permettent au ministre de désigner les zones sécuritaires et celles qui ne le sont pas créent des procédures différentes pour chaque groupe.

La professeure de droit à l'Université de Toronto Audrey Macklin croit que la question des réfugiés est plus « politisée » de nos jours. De plus, les groupes privés seraient freinés par les nombreuses mesures administratives en lien avec l'accueil de migrants au pays.

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