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Règlement 17 : des Franco-Ontariens se confient 

La première ministre de l'Ontario, Kathleen Wynne, présentera aujourd'hui des excuses officielles de la province aux Franco-Ontariens pour le Règlement 17, qui a interdit l'enseignement et l'utilisation du français dans les écoles au début du 20e siècle. Certains ont décidé de partager le récit de leurs proches qui ont traversé cette période marquante de l'histoire.

Un texte de Stéphany Laperrière

Dolores Roberge a enseigné à une soixantaine d'élèves francophones de 1914 à 1916 à Lavigne dans le nord-est de l'Ontario. À l'époque, le gouvernement exigeait que l'enseignement dans les écoles de la province se fasse uniquement en anglais, mais Dolores Roberge a refusé de se plier au Règlement 17.

« Elle enseignait le français et faisait faire la prière le matin et le soir, mais elle n'avait pas le droit », raconte sa fille Léonie Gareau.

Léonie Gareau croit que l'inspecteur n'était pas dupe, mais qu'il était sensible à la cause des francophones. Il n'a donc jamais dénoncé sa mère. « Je suis certaine que l'inspecteur le savait, mais elle n'a jamais été punie et elle a continué d'une école à l'autre », dit-elle.

Si sa mère n'avait pas enfreint les règles, les enfants auraient fait l'école buissonnière, selon elle. « C'était tous des francophones, ils ne pouvaient pas perdre leur langue. Je pense qu'ils n'auraient pas été à l'école, ils seraient restés chez eux », explique Léonie Gareau.

Le Règlement 17 a laissé des traces

Le règlement a cessé d'être appliqué en 1927, mais le système scolaire de l'Ontario en a longtemps gardé des marques.

Ainsi, Éveline Arbour n'a pas eu accès à une éducation en français, alors qu'elle a commencé l'école après cette date.

« J'ai passé toute ma vie à entendre ma mère s'excuser du fait qu'elle ne pouvait pas écrire en français », se rappelle son fils, Denis Constantineau.

Le temps des excuses

Pour honorer la mémoire de sa mère morte en mars dernier, Denis Constantineau a décidé de demander des excuses au gouvernement ontarien.

Sa demande envoyée au mois d'octobre a été appuyée par l'Association canadienne-française de l'Ontario du Grand Sudbury et par le député provincial Glenn Thibeault.

Denis Constantineau croit que le moment était venu de reconnaître officiellement cette erreur du passé.

Denis Constantineau aurait souhaité que sa mère soit là pour entendre les excuses que doit présenter Kathleen Wynne à Queen's Park lundi au nom de la province.

« On lui a fait un tort à son insu, à elle et à toute sa génération, et ça a été fait à dessein. Ce n'est pas quelque chose qui est arrivé par le jeu du hasard. On a systématiquement décidé qu'on voulait adresser la question de la présence francophone en Ontario en assimilant les élèves », rappelle-t-il.

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