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Rencontre au sommet à Bruxelles afin d'apaiser les tensions face au défi migratoire

Les dirigeants de 16 pays européens essaient dimanche à Bruxelles d'apaiser les tensions dans l'UE face au défi migratoire, encore illustrées par un bras de fer autour du navire transportant des migrants, auquel l'Italie et Malte ont refusé samedi l'accostage.

À la veille de cette « réunion informelle », le ton est une nouvelle fois monté entre la France et l'Italie, où le nouveau gouvernement populiste a fustigé l'« arrogance » d'Emmanuel Macron après sa proposition de « centres fermés » pour les migrants dans les pays de première arrivée.

Désormais tous d'accord pour renforcer les frontières extérieures de l'UE, les Européens n'en finissent plus de se diviser sur leurs responsabilités dans la prise en charge des migrants tentant de rejoindre l'Europe, comme de ceux s'y trouvant déjà.

« La situation est risquée », a admis une source diplomatique, car faute de solution européenne « ce sera la fermeture des frontières nationales et donc la remise en cause de l'espace Schengen, donc de l'UE ».

La réunion de dimanche, organisée par la Commission, ne devait au départ réunir que huit pays (France, Allemagne, Italie, Espagne, Autriche, Bulgarie, Grèce et Malte) pour déminer le terrain du sommet à 28 prévu les 28 et 29 juin.

Ils seront finalement le double, après que huit autres ont demandé à participer (Belgique, Pays-Bas, Luxembourg, Danemark, Suède, Finlande, Slovénie et Croatie). Ceux du groupe de Visegrad (Pologne, Hongrie, République tchèque, Slovaquie) ont dit ne pas être intéressés.

« J'ai malheureusement peu d'espoir d'un résultat important », a avoué le chancelier autrichien Sebastian Kurz, dont le pays prendra la tête le 1er juillet de la présidence tournante de l'UE.

À la rescousse de Merkel

L'objectif affiché par Bruxelles est d'éloigner le spectre de décisions unilatérales, à l'image de celle de Rome de fermer ses ports aux navires d'ONG secourant des migrants, comme l'Aquarius il y a peu et maintenant le Lifeline et ses 230 passagers, en attente d'une solution dans les eaux internationales.

Comme celle aussi du refoulement aux frontières que menace d'instaurer le ministre allemand de l'Intérieur, un conservateur bavarois, contre l'avis de la chancelière Angela Merkel.

Un document qu'avait préparé la Commission pour dimanche contenait ainsi un catalogue de mesures contre ce phénomène qui voit les demandeurs d'asile se déplacer dans l'UE, au lieu de rester dans le pays par lequel ils sont entrés dans l'attente d'une décision sur leur cas.

Le texte insistait sur les obligations des pays de première entrée, comme l'Italie, et sur la nécessité de pouvoir y renvoyer effectivement les personnes qui y sont ou auraient dû y être enregistrées.

Au point de provoquer la colère de Rome, qui a envisagé de boycotter le minisommet. Mais Mme Merkel a « éclairci les choses », s'est félicité le premier ministre italien Giuseppe Conte, assurant que l'Italie ne serait pas contrainte d'accepter des mesures prédéfinies.

L'Italie se courrouce

La rencontre de dimanche devrait se conclure par « un résumé des positions exprimées », selon une source européenne.

La France et l'Espagne proposeront de créer des « centres fermés sur le sol européen », dotés de « moyens européens », où les migrants attendraient l'examen de leur cas, a déjà annoncé samedi le président français Emmanuel Macron.

« Macron fait de son pays un candidat pour devenir l'ennemi public numéro un de l'Italie » sur ce sujet, a réagi de son côté le ministre Luigi Di Maio, chef de file du mouvement antisystème M5S.

« Nous n'avons de leçons à recevoir de personne », a répondu sèchement le président français dimanche.

L'accélération des renvois des migrants illégaux et des déboutés de l'asile sera aussi au menu dimanche. Comme les idées encore floues de centres d'accueil de migrants hors de l'UE ou de « plateformes régionales de débarquement » des migrants secourus en mer, dans et hors de l'UE.

Les 16 devront évoquer enfin la réforme du régime d'asile européen, dans l'impasse depuis plus de deux ans.

La Commission propose notamment de retoucher le règlement de Dublin, qui confie la responsabilité des demandes d'asile aux pays de première entrée. En cas de crise comme celle de 2015, l'exécutif européen plaide pour une répartition ponctuelle des demandeurs d'asile dans l'UE.

Les pays méditerranéens souhaitent quant à eux une répartition permanente. Les quatre pays de Visegrad, soutenus par l'Autriche, rejettent frontalement cette proposition.

Le sommet à 28 prévu en juin à Bruxelles devait initialement trouver un compromis dans ce dossier, mais cette perspective a été abandonnée.

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