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Rencontre avec des électeurs de la Floride, État clé de la présidentielle

La Floride, c'est le grand prix de la course entre les candidats à la présidentielle américaine Hillary Clinton et Donald Trump. À environ deux semaines du jour du scrutin, les nouvelles sont encourageantes pour la démocrate. Rencontre avec des partisans de chacun des candidats.

Un texte de Michel Labrecque à Désautels le dimanche 

La Floride arrive à la troisième place des États les plus peuplés des États-Unis. C'est le plus grand État qu'on dit « violet », soit un mélange du bleu démocrate et du rouge républicain.

Le président américain Barack Obama a gagné la Floride en 2008 et en 2012 par une marge de 1 %. En 2000, on a même dû recompter les votes pour consacrer la victoire de George W. Bush.

Cette année, ça semblait reparti : Clinton et Trump étaient virtuellement à égalité. Or, selon les plus récents sondages, Hillary Clinton détient maintenant une avance de 4 points. Est-ce dû à la campagne imprévisible de Donald Trump? Ou encore aux transformations démographiques de la Floride, un État de plus en plus diversifié?

La Floride de Clinton

Nous nous sommes rendu dans un rassemblement des « femmes afro-américaines pour Hillary Clinton » à Orlando, ville en pleine croissance du centre de la Floride.

Il y a ici des femmes chefs d'entreprises, des politiciennes aguerries, des militantes communautaires dans tous les secteurs de la société floridienne. Il y a 20 ans, c'eût été impensable de voir autant de femmes issues des minorités à de tels postes.

Plusieurs, comme Tracy Kimes, ont peur.

Celle de Trump

Toujours à Orlando, nous découvrons une tout autre Floride : un groupe de partisans de Donald Trump assiste au deuxième débat présidentiel, le 9 octobre. Pas beaucoup de diversité ethnique ici.

Tout le monde se met à hurler de joie quand Trump lance à Clinton qu'il va nommer un enquêteur spécial, quand il sera président, pour enquêter sur elle et la mettre en prison.

Ce n'est pas toujours facile pour un Canadien de comprendre l'enthousiasme que Trump suscite. En fait, ces gens sont un peu le miroir inversé de ces « femmes de couleur pour Clinton ». Ils ont, eux aussi, peur.

Beaucoup de peur, donc, dans une société en plein bouleversement, une société de plus en plus polarisée.

La présidentielle américaine 2016 - notre section spéciale

Un dialogue difficile

Elizabeth Gitner, chargée de cours à l'University Central Florida, à Orlando, estime que le dialogue est devenu plus difficile depuis le début de la campagne. « Cette polarisation m'empêche de dormir parfois », dit-elle.

Mme Gitner est une démocrate convaincue, qui va voter pour Hillary Clinton, mais elle a des voisins républicains. Leur fils joue avec le sien. « Mais on ne peut plus parler de politique, c'est trop difficile », souligne-t-elle.

Il y a tant d'enjeux sur lesquels cette polarisation pèse : les armes à feu, le choix des juges à la Cour suprême, l'immigration, les changements climatiques, les impôts... En fonction de ces grands thèmes, des démocrates qui ne trouvent pas toujours Mme Clinton très inspirante vont quand même voter pour elle. Et, à l'inverse, des républicains qui trouvent M. Trump un peu imprévisible vont se résoudre à l'appuyer.

Hillary Clinton peut-elle encore perdre la Floride? En tout cas, Donald Trump, lui, ne peut pas la perdre. Les gros canons des deux partis vont sillonner la Floride, surtout la région centrale, jusqu'à la dernière journée.

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