Retour

Repenser la protection des villes en forêt boréale contre le feu

L'incendie ravageur dans la région de Fort McMurray est le résultat d'un concours de circonstances malheureux, mais aussi le signe qu'il faut peut-être repenser la façon de construire les villes dans la forêt boréale canadienne.

Une chercheuse scientifique fédérale souligne que de plus en plus d'agglomérations et de constructions plus élaborées sont construites dans cette forêt remplie d'arbres résineux inflammables, qui brûle régulièrement depuis 8000 ans.

« Le feu fait partie de l'ADN de cet écosystème », illustre Sylvie Gauthier, qui travaille pour Ressources naturelles Canada.

Mme Gauthier indique que selon les projections climatiques les plus pessimistes pour l'ensemble du Canada, l'aire brûlée annuelle pourrait doubler, voire quadrupler d'ici la fin du siècle. « Si c'est le cas, l'occurrence de ces situations-là risque d'augmenter », indique la chercheuse.

Des mesures de mitigation de risque existent, comme l'établissement de feuillus autour des villes. « Les feuillus sont des espèces moins inflammables, qui, l'été notamment, avec le contenu en eau des feuilles, génèrent un sous-bois généralement plus riche en eau. Cette partie de l'écosystème va ralentir l'énergie dégagée par le feu », explique Mme Gauthier.

Cependant, le risque zéro n'existe pas dans la forêt boréale. « Les communautés qui y sont établies sont établies dans une forêt qui a brûlé de tout temps et qui continuera vraisemblablement de brûler », insiste la chercheuse.

« Donc, il faut aussi probablement avoir des plans pour évacuer lorsque de tels événements arriveront. Je pense qu'il y a une question de développement du territoire à considérer, mais aussi de plans d'action », soutient la chercheuse.

Elle évoque l'initiative de Partners in Protection en Alberta, notamment connu pour son guide Intelli-feu. Cette association d'organismes publics et privés, municipaux et provinciaux, nationaux et américain, élabore des conseils pour les résidents de zones à risque, les intervenants municipaux, les gestionnaires du territoire, les pompiers et les industries.

Pratiquement impossible à arrêter

Mme Gauthier souligne que la forêt boréale est remplie d'arbres résineux, très inflammables. Leur présence, les faibles chutes de neige cet hiver, le temps sec, le mercure élevé des derniers jours et les forts vents ont contribué à propager un feu d'une forte intensité jusqu'à Fort McMurray.

« Au front de feu hier, cette énergie était de 30 000 kilowatts par mètre, ce qui est très, très intense et à toutes fins pratiques impossible d'arrêter avec les moyens qu'on a », même les avions-citernes, selon la chercheuse.

Feu de forêt à Fort McMurray

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine