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Reprise des négociations de l'ALENA à Mexico

Les discussions entourant la renégociation de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) reprennent aujourd'hui, cette fois au Mexique. Et même si le président américain, Donald Trump, persiste à souffler le chaud et le froid dans ce dossier, l'ex-premier ministre du Québec Jean Charest, rompu aux négociations commerciales, demeure convaincu que les parties parviendront à une entente.

Les représentants canadiens, américains et mexicains avaient tenu une première ronde de discussions à Washington, il y a deux semaines, mais ils avaient reconnu à terme que peu de progrès avait été fait.

Après avoir menacé de mettre fin au traité, le président Trump a modéré son propos. « Il y a des personnages comme ça, c’est la dernière personne à qui il a parlé qui donne le ton de son propos », explique l’ancien premier ministre du Québec, en entrevue à RDI.

« Hier, M. Trudeau, paraît-il, aurait placé un appel [à M. Trump] pour offrir la collaboration du Canada à la suite des inondations, ce qui est normal et souhaitable », poursuit M. Charest. « En même temps, ils auraient abordé les négociations et probablement que ça a été plutôt standard, mais ils ont réitéré leur volonté de conclure une entente d’ici la fin de l’année 2017. »

« On soupçonne que c’est M. Trump qui pousse l’échéancier sur M. Trudeau », estime-t-il, précisant que le premier ministre canadien doit être plus soucieux d’obtenir une entente « qui reflète nos valeurs » qu’un accord bâclé.

« En même temps, M. Trump a continué à formuler ses menaces », poursuit M. Charest, qui croit cependant que les négociateurs canadiens ne se laisseront pas démonter.

Le poids des lobbys

M. Charest convient que le président américain pourrait exercer une pression sur la table de négociations en émettant un avis de retrait de l’accord de libre-échange, en disant que les parties ont six mois pour s’entendre. Mais, il estime qu’une telle stratégie est risquée. « Il est possible qu’il le fasse, mais ça, c’est jouer avec de la dynamite », illustre M. Charest.

M. Charest souligne que « le Congrès est fortement influencé par les lobbys américains du secteur agricole, du secteur automobile ».

« Ces gens-là, chaque fois que M. Trump fait une déclaration sur l’annulation, il les mobilise, il les fédère en quelque sorte en appui à l’ALENA », soutient-il.

M. Charest rappelle que le processus en est encore à ses premiers pas. « La première ronde a été surtout un échange d’informations », rappelle-t-il.

Ces échanges ont permis d’identifier deux des principaux enjeux, soit : le processus d’arbitrage des conflits et le contenu américain dans la production du secteur de l’automobile

Cette deuxième vague de discussions doit se dérouler jusqu'à mardi.

Vers un ALENA canado-mexicain?

Malgré des menaces lancées par les présidents américain et mexicain en marge des négociations sur l’ALENA, le ministre mexicain de l’Économie, Ildefonso Guajardo, a indiqué que le Canada et son pays demeureront au sein de l’accord même si les États-Unis décident de s’en retirer.

Le Mexique et le Canada demeureront au sein de l'Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) même si les États-Unis décidaient d'en sortir, a déclaré jeudi le ministre mexicain de l'Économie, Ildefonso Guajardo.

« L'ALENA continuera de réglementer les relations entre le Mexique et le Canada », a déclaré M. Guajardo à Mexico. Ce dernier souligne que seuls les Américains ont évoqué l'hypothèse d'un départ. « Les seuls qui puissent prendre cette décision, ce qui dépendra de la manière dont se déroulent les négociations, ce sont nos voisins, les États-Unis. »

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