À l'occasion du mois de la nutrition et d'une série de reportages sur le sucre, Janic Tremblay a décidé de s'en priver pendant une semaine complète. Y arrivera-t-il? Dans son deuxième texte, il raconte sa première journée sans sucre, une dure traversée du désert.

Un texte de Janic Tremblay

Premier jour sans sucre. Excitation dès le réveil. J'avale deux rôties avec du beurre d'arachides naturel, une banane, deux ou trois fraises et un café. Ce n'est pas cela qui fera monter ma glycémie.

Mais il faut dire que je regarde les céréales légèrement sucrées des ados avec envie. Normalement, j'en aurais attrapé une poignée à la fin du déjeuner, histoire de terminer le repas sur une note réconfortante. J'aurais ensuite rincé ma tasse de café avec une bonne rasade de lait comme je le fais toujours.

Ces petits plaisirs me manquent ce matin. Mais une fois en route pour le boulot, mon esprit passe rapidement à autre chose.

Une galette appétissante

Au travail, une galette de la veille trône sur la table de l'équipe de Bien dans son assiette. Tout le monde lève le nez sur ce dessert qui a un peu séché au cours de la nuit. Pour moi, au contraire, elle est très appétissante. Je la reluque tout l'avant-midi en soupirant ostensiblement devant tout le monde. C'est de la comédie. Mais à moitié seulement.

Trop préoccupé par ma semaine sans sucre, je n'ai pas eu le temps de faire un lunch ce matin. À l'heure du dîner, je clopine jusqu'à la cafétéria de Radio-Canada pour choisir quelque chose à manger. Des sauces sucrées accompagnent les repas du jour. Interdit. Je repars plutôt déçu avec une soupe et un sandwich que je mange en buvant une eau plate... qui décrit assez bien mon repas.

La tentation, de plus en plus forte

Il y a des barres tendres au chocolat noir dans mon classeur. J'ouvre le tiroir comme pour vérifier si elles y sont toujours. Personne n'est dupe. J'ai juste envie d'en avaler une pour égayer mon dîner. Heureusement, le travail m'appelle.

Après avoir passé quelques heures sur le terrain pour un reportage, je retourne à la maison en fin d'après-midi. Le souper devait être un poulet à l'orange cuisiné avec un jus sucré. On a plutôt adapté la recette avec du jus de pamplemousse frais. C'est plus acidulé.

Ce serait probablement très bon avec un Chardonnay. Sauf que l'alcool, c'est aussi du sucre. Pas question d'en boire cette semaine.

À la fin du repas, les ados s'en donnent à coeur joie pour finir un pain perdu au chocolat cuisiné plus tôt cette semaine. Et là, j'ai vraiment très envie d'un dessert. Ce n'est pas seulement le fait de voir les autres en manger.

Après une douzaine d'heures, l'exaltation du début s'est heurtée à la réalité. Mon palais et mon cerveau réclament une douceur familière. Je ne fanfaronne plus. Je suis en manque de sucre. Je fais chauffer un peu de lait auquel j'ajoute de la vanille. Ça ne fait pas l'affaire. Il va falloir trouver un succédané. Et le plus vite possible.

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