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Retour de l’expertise au MTQ : malgré ses efforts, le ministère rate sa cible

En octobre 2011, les ministres Michelle Courchesne, présidente du Conseil du Trésor, et Pierre Moreau, ministre des Transports, annonçaient la mise en place de 39 mesures pour lutter contre la corruption dans l'industrie de la construction.

En recrutant près de 1000 ingénieurs, techniciens et analystes pour surveiller ses chantiers, le ministère des Transports espérait économiser 34 millions de dollars par année. Or, dans le rapport du vérificateur général déposé au printemps, le Ministère reconnaît que l'atteinte de son objectif est repoussée de deux ans et reportée à 2017-2018.

« On avait une cible d'en engager 332, on en a engagé à date 294, donc on n'est pas tellement loin de l'objectif », précise le ministre des Transports, Laurent Lessard, concernant l'embauche d'ingénieurs. Dans le cas des professionnels, le Ministère a atteint sa cible en embauchant 79 personnes, alors que l'objectif était de 74 nouveaux employés.

Le gouvernement est toutefois très loin de sa promesse lancée il y a cinq ans quant aux techniciens. Selon notre décompte, 120 ont été engagés depuis 2011, alors que les ministres Moreau et Courchesne avaient annoncé l'embauche de 564 nouveaux techniciens.

« On n’est pas insensibles à ça, mais on ne veut pas juste engager pour engager. Il faut être sûr que j'avais une cible, j'avais quelque chose à combler, j'ai des indicateurs et ça doit donner des résultats. C'est aussi important d'aller dans la bonne direction et pas juste à la bonne vitesse », lance le ministre Lessard.

Ce dernier, en poste depuis quelques mois seulement, ajoute aussi que le Ministère est présentement à revoir ses façons de faire et que le Conseil du Trésor a limité l'embauche à 707 personnes au MTQ.

« Il faut dire que la période qu'on vient de passer avant d'arriver à l'équilibre budgétaire n’a pas aidé », admet Laurent Lessard.

Éviter la corruption

Le Syndicat de la fonction publique et parapublique du Québec (SFPQ), qui représente les techniciens du Ministère, dénonce le fait que le gouvernement ne sera pas en mesure de respecter sa promesse.

« Si nos gens ne sont pas sur le terrain, c'est le privé qui embarque, et souvent, ce sont des compagnies frères et soeurs qui font la surveillance des chantiers », affirme Christian Daigle, président du SFPQ, qui craint que le manque d'expertise à l'interne ouvre la porte à la corruption.

M. Daigle estime que le rôle des techniciens est essentiel au sein de l'organisation, tout en reconnaissant les efforts qui ont été faits pour embaucher plus d'ingénieurs.

« Les deux travaillent ensemble. Ce sont souvent nos membres qui passent en premier, et les ingénieurs viennent valider par la suite », conclut le président du SFPQ.

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