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Rétrospective : 16 événements qui ont marqué le Grand Montréal en 2016

Les chauffeurs de taxi et Uber se sont fait la guerre, l'interdiction des pitbulls a divisé les citoyens et les politiciens et la police de Montréal a surveillé les appels de journalistes. Voici 16 grands moments sur la scène montréalaise en 2016.

1. BRAS DE FER ENTRE UBER ET LES CHAUFFEURS DE TAXI

Les chauffeurs de taxi ont mené une guérilla sans merci contre Uber et son service de covoiturage commercial UberX. Ils ont essuyé plusieurs revers. La Cour supérieure a rejeté leurs deux demandes d’injonction pour empêcher les activités d’Uber. Ce tribunal a toutefois décidé de débattre à fond de l’industrie du taxi en janvier prochain. Entre-temps, les chauffeurs de taxi ont protesté à plusieurs reprises contre Uber, que ce soit à l’aéroport ou au centre-ville. Côté gouvernement, il y a eu une commission parlementaire, un projet de loi et une entente de principe avec Uber pour un projet pilote. Au grand dam des chauffeurs de taxi, le projet pilote permet à Uber, depuis la mi-octobre, d’offrir légalement ses services pendant un an, sous certaines conditions. En parallèle, un nouveau service a fait son apparition en ville : les Téo taxis électriques de l’homme d’affaires André Taillefer.

2. DES CONFLITS DE TRAVAIL À LA MAIRIE ET AU VIEUX-PORT

L’image des policiers de Montréal en pantalon de camouflage est maintenant familière. Ils protestent ainsi, depuis juin 2014, contre la réforme de leur régime de retraite. Ils sont aussi sans contrat de travail depuis deux ans. Si rien ne s’est réglé du côté des policiers, les choses ont débloqué pour les 8000 employés de bureau de la Ville de Montréal, qui étaient sans contrat de travail depuis plus de quatre ans. Après quelques jours de grève en début d’année, ils ont approuvé une nouvelle convention collective au mois de mars. Les quelque 400 ingénieurs municipaux, qui étaient aussi sans contrat de travail depuis cinq ans, ont débrayé pendant quelques jours en mai, pour finalement obtenir une nouvelle convention collective. Quant aux quelque 300 employés du Vieux-Port, ils ont accepté une entente de principe en octobre, après cinq mois de grève.

3. PAS DE PITBULL DANS MA COUR

Le 8 juin, une femme de Pointe-aux-Trembles est tuée dans sa cour arrière par le chien d’un voisin. Cette mort a provoqué un débat houleux au Québec sur la pertinence d’interdire ou non les pitbulls. La famille de la victime a affirmé que le chien avait été identifié par les autorités comme étant un pitbull, une affirmation démentie par le Service de police de la Ville de Montréal.

Plusieurs municipalités ont décidé de bannir ce type de chiens, dont Longueuil et Brossard. La Ville de Montréal a adopté aussi un règlement pour interdire les pitbulls à la fin septembre. Mais il a tout de suite été suspendu par la Cour supérieure à la demande de la SPCA. La Cour d’appel a finalement donné raison à la Ville de Montréal, et le fameux règlement est entré en vigueur au début de décembre. Entre-temps, deux pétitions contre le règlement ont recueilli plus de 600 000 signatures.

4. UN IMPORTANT PROJET DE TRAINS ÉLECTRIQUES

La Caisse de dépôt et placement du Québec (CDPQ) a annoncé en avril la création pour 2020 d’un système de trains électriques entièrement automatisés. Il s’agit, selon la Caisse de dépôt, du plus important projet de transport en commun depuis 50 ans à Montréal. Le nouveau réseau de 67 km et 24 stations reliera le centre-ville de Montréal à l'aéroport, à Deux-Montagnes, à Sainte-Anne-de-Bellevue et à la Rive-Sud. Les trains passeront à une fréquence variant de 3 à 6 minutes, 20 heures par jour. La CDPQ estime qu’il en coûtera 5,5 milliards de dollars pour construire ce système. Le projet va notamment obliger l’expropriation d’une soixantaine de bâtiments, dont une trentaine de résidences privées.

Le projet est vivement critiqué, notamment par les groupes écologistes. De plus, des opposants n’apprécient pas la trop grande place faite au secteur privé; certains craignent l’explosion des coûts et d’autres estiment que le tracé sera mal adapté au réseau de transport collectif existant.

5. COUP DUR POUR LE CINÉMA DE RÉPERTOIRE

L’Excentris, un des rares établissements à présenter du cinéma d’auteur à Montréal, a finalement disparu. Le cinéma subissait des problèmes financiers et d’approvisionnement depuis quelques années. Il avait fermé ses portes une première fois entre 2009 et 2011. Il a de nouveau suspendu la projection de films en novembre 2015. Bien des cinéphiles espéraient que le groupe français MK2 reprenne l’Excentris. Mk2 a abandonné ce projet en avril dernier. Du coup, l’organisme à but non lucratif Cinéma Parallèle, propriétaire de l’Excentris, a déclaré faillite. Quelques jours plus tard, un autre pilier du cinéma d’auteur, le club vidéo Boîte noire, a annoncé qu’il mettait la clé sous la porte. Ce commerce, reconnu pour sa grande sélection de films de répertoire, a baissé pavillon devant la concurrence des Netflix de ce monde.

6. DES JOURNALISTES ESPIONNÉS PAR LA POLICE

La nouvelle a fait l’effet d’une bombe. Le 31 octobre, le quotidien La Presse révélait que son journaliste Patrick Lagacé a été mis sur écoute électronique par le Service de police de Montréal (SPVM). Selon le journal, la police cherchait à en savoir plus long sur des fuites aux médias. On apprenait quelques jours plus tard qu’un autre journaliste de La presse, Vincent Larouche, avait lui aussi été surveillé par la police montréalaise. Le directeur du SPVM, Philippe Pichet, et la juge de paix Josée de Carufel ont essuyé de nombreuses critiques pour avoir autorisé l’espionnage de Patrick Lagacé.

Dans la foulée de cette affaire, le gouvernement Couillard a demandé qu’il soit plus difficile pour la police d’obtenir un mandat de surveillance visant un journaliste. La Commission de la sécurité publique de Montréal a eu pour mandat de réviser ces procédures. Dans un tout autre dossier, on apprenait au même moment que la Sûreté du Québec avait surveillé le registre des appels de six journalistes, dont trois de Radio-Canada. Du coup, Québec a décidé de créer une commission d'enquête publique sur la protection des sources journalistiques.

7. LE SORT DES CHEVAUX DE CALÈCHE

À la mi-mai, le maire Coderre annonçait un moratoire d’un an sur les calèches dans le Vieux-Montréal, le temps de mettre en place une nouvelle réglementation qui protégerait mieux les chevaux. La nouvelle a semé la consternation chez les cochers, qui perdaient du jour au lendemain leurs revenus pour la saison 2016. Par contre, cette annonce a notamment réjoui la Société pour la protection des animaux (SPA), qui réclame depuis un certain temps d’éliminer une pratique touristique « archaïque et cruelle ». Les cochers ont protesté devant les tribunaux, et quelques jours plus tard, la Cour supérieure leur a donné raison. Le maire Coderre a décidé d’en rester là. Il a donc levé le moratoire tout en promettant une nouvelle politique qui garantisse le bien-être des chevaux de calèche.

8. LE DÉPART DE P.K. SUBBAN

Le charismatique et flamboyant défenseur étoile du Canadien a été échangé, à la surprise générale, contre Shea Weber, des Predators de Nashville. P.K. Subban n’aura laissé personne indifférent au cours des six années qu’il a passées à Montréal. Les patients de l’Hôpital de Montréal pour enfants sont parmi ceux qui ont pleuré son départ. Même si le joueur de hockey s’en va, sa fondation continuera à amasser les 10 millions de dollars qu’il a promis en 2015 pour venir en aide à cet hôpital. P.K. Subban a d’ailleurs reçu en mars le trophée Jean-Béliveau pour son engagement communautaire et son dévouement à la cause des enfants.

9. UNE PETITE GRENOUILLE CONTRE LES PROMOTEURS

Dans un geste sans précédent, Ottawa a annoncé en juin qu’il interdirait toute activité pouvant nuire à la rainette faux-grillon dans une zone touchant les municipalités de La Prairie, Candiac et Saint-Philippe, en Montérégie. Ainsi, pour la première fois, le fédéral intervient sur des terres privées, dans le cadre de la Loi sur les espèces en péril. Le décret d’urgence a réjoui les environnementalistes. Il n’a toutefois pas plu à l’Union des municipalités du Québec ni à certains promoteurs, qui y voient un dangereux précédent. Le décret, entré en vigueur en juillet, a notamment eu pour effet d’amputer de quelques centaines d’unités un gros projet domiciliaire de La Prairie.

10. À BAS L’EMBOURGEOISEMENT!

En février, plusieurs commerces ont été saccagés dans Hochelaga-Maisonneuve. La police a fait le lien avec des tracts anti-embourgeoisement, trouvés dans ce quartier défavorisé en pleine revitalisation. Quelques jours plus tard, trois autres magasins ont été vandalisés dans le quartier. En mai, des commerces de Saint-Henri ont subi le même sort. Les vandales ont là aussi laissé des tracts dénonçant l’embourgeoisement du quartier. À la fin novembre, une nouvelle vague de vandalisme frappait Hochelaga-Maisonneuve, sans toutefois que les malfaiteurs ne laissent de message derrière eux. Une vingtaine de commerces ont été vandalisés dans ce quartier depuis le début de l’année, selon la police. Un comité spécial a vu le jour en septembre dans HoMa pour trouver des solutions.

11. L’ANNÉE DE TOUS LES TRAVAUX

Le cône orange a plus que jamais dominé le paysage montréalais. Des travaux majeurs ont ralenti ou carrément empêché la circulation sur de nombreuses artères importantes de la région montréalaise. Parmi ces grands chantiers : la démolition de l'autoroute Bonaventure, pour transformer la portion entre les rues Wellington et Notre-Dame en boulevard urbain pour le 375e anniversaire de la métropole. Il y a eu aussi le démantèlement de l'échangeur Turcot, emprunté par 300 000 automobilistes, sans oublier les travaux sur les autoroutes 720, 15 et 20, ainsi que sur l’échangeur Saint-Pierre, le pont Champlain et le pont Mercier. À cela, s’ajoutent les quelque 400 chantiers de la Ville de Montréal pour la réfection des rues et des réseaux vieillissants d’aqueduc et d’égout. Parmi les secteurs touchés, la rue Saint-Denis, une artère commerciale importante qui a subi d’importants travaux pendant plus d’un an.

12. L’INCENDIE D’UN CAMION-CITERNE SUR L’AUTOROUTE 40

Le 9 août, vers 16 h, en pleine heure de pointe, un véhicule s’est immobilisé sur la voie centrale de l’A-40 ouest. Les véhicules derrière lui ont freiné brusquement, et un camion-citerne a embouti le poids lourd qui se trouvait devant lui. Du carburant s’est répandu, et le camion-citerne s’est enflammé. Le chauffeur du camion-citerne, prisonnier de la cabine, est mort dans l’incendie. Six autres personnes ont été blessées. Il a fallu fermer les voies en direction ouest entre le boulevard Acadie et la rue Saint-Michel pendant près de deux jours. L’enquête a confirmé notamment que la structure et le béton n’avaient subi aucun dommage. Cet incendie a soulevé de nombreuses questions sur le transport de matières dangereuses sur les artères principales de Montréal.

13. L’ÉPICERIE MILANO EN FLAMMES

Un incendie a ravagé le 25 juin la mythique épicerie italienne Milano, située sur le boulevard Saint-Laurent. Une cigarette mal éteinte, à l’arrière du bâtiment, serait à l’origine du feu. Les locataires qui vivent au-dessus du commerce ont été évacués sans encombre. Les 77 employés de l’épicerie se sont retrouvés sans travail. Le copropriétaire de l’épicerie, Mario Zaurrini, s’est engagé à rouvrir son commerce rapidement, en dépit des dégâts importants subis lors de l’incendie. Il a tenu promesse trois mois plus tard.

14. LES 40 ANS DES JEUX OLYMPIQUES DE MONTRÉAL

Le 17 juillet 1976, les 21es Olympiades s’ouvraient en grande pompe à Montréal, première ville canadienne à accueillir les Jeux d’été. Le Canada a aussi été le premier hôte à ne pas récolter de médaille d’or, un échec effacé par les prouesses de la gymnaste roumaine Nadia Comaneci. Quarante ans plus tard, les Montréalais soulignent cet anniversaire au stade olympique par un grand spectacle multimédia au cours duquel Marie-Mai, Ariane Moffatt et Walk off the Earth sont montés sur scène.

15. LES MÉCHANTS PROCÈS

Tandis que certains procès ont abouti cette année après de nombreux délais, d'autres procédures judiciaires se poursuivront en 2017. En décembre, Gilles Vaillancourt, l'ex-maire de la Ville de Laval, est condamné à 5 ans, 11 mois et 15 jours de prison pour complot, abus de confiance et fraude.

La Ville de Laval entreprend une poursuite civile de 29 M$ contre Tony Accurso et ses compagnies afin de récupérer des dizaines de millions de dollars qui lui seraient dus. Tony Accurso attend toujours le début de son procès pour fraude.

La Cour du Québec a par ailleurs rejeté la requête de six accusés dans l'affaire du Faubourg Contrecoeur qui réclamaient l'arrêt des procédures judiciaires, en raison de délais qu'ils jugeaient déraisonnables. Les accusés, dont Frank Zampino et Paolo Catania, subiront leur procès avant le début de l'été. La cour n’a pas toutefois pu fixer une nouvelle date pour le procès de Bernard Trépanier, accusé dans le scandale de corruption du Faubourg Contrecœur, en raison de son état de santé.

Un juge a enfin fixé le 5 juin 2017 comme date de début de l'enquête préliminaire de Nathalie Normandeau et de ses six coaccusés. Quant à Michael Applebaum, son procès dans une affaire de pots-de-vin se termine en novembre. Le verdict sera rendu le 26 janvier 2017.

16. LE MAIRE CODERRE ET L’ENSEMBLE DE SON ŒUVRE

Du baseball aux pitbulls en passant par le pipeline Énergie Est, Uber, le 375e anniversaire, la surveillance des journalistes, le vélo et les calèches : le maire de Montréal était une fois de plus de tous les combats en 2016. « Il est partout, faut le faire, ce n'est pas tout le monde qui se donne autant que lui », reconnaît Luc Ferrandez, chef de l’opposition à l’hôtel de ville, s’empressant d’ajouter que Denis Coderre n’écoute que lui-même. Au cours de sa troisième année à la tête de la métropole québécoise, le maire compte 676 km de rues refaites, contre les 295 km en 2015 et les quelque 5000 km de chantier qui attendront les Montréalais au cours de la prochaine décennie.

Et vous? Quel est l'événement qui vous a le plus marqué à Montréal cette année?

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