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Réunion d'urgence sur l'aide humanitaire en Syrie au Conseil de sécurité de l'ONU 

Le Conseil de sécurité des Nations unies décidera vendredi si des largages d'aide humanitaire doivent être effectués, même si Damas a autorisé l'envoi de convois humanitaires dans deux villes assiégées.

Le Groupe international de soutien à la Syrie (ISSG) avait fixé le 1er juin comme dernier délai pour que des convois aient accès aux villes assiégées, sans quoi l'ONU procéderait à des largages d'aide humanitaire.

Pour la première fois depuis le début du siège imposé par le régime syrien en novembre 2012, un convoi humanitaire a pu entrer mercredi à Daraya, une ville rebelle de la province de Damas. Une trêve de 48 heures est en cours depuis mercredi. Toutefois, ce convoi n'inclut pas de nourriture au grand désespoir des habitants affamés.

Selon les Comités locaux de coordination, Daraya est entièrement détruite et a perdu 90 % de ses 80 000 habitants.

La ville de Moadamiyeh a également reçu une aide humanitaire pour la première fois depuis le mois de mars.

L'ambassadeur russe Vitali Tchourkine croit que l'arrivée de ces convois était un pas positif et propose de suspendre le projet de largage d'aide humanitaire par avion.

L'ambassadeur britannique Matthew Rycroft croit que l'ONU doit aller de l'avant avec les largages. « C'est trop peu, trop tard. Je pense qu'on doit s'en tenir à ce qu'a décidé l'ISSG, qui est que, dans ce scénario, il faut des largages d'aide humanitaire », dit-il.

L'ambassadeur de France, François Delattre, abonde dans le même sens. « On voit bien que l'accès libre [à ces villes] n'est pas assuré. Dans ces circonstances, la France demande aux Nations unies et en particulier au Programme alimentaire mondial (PAM) de mettre en oeuvre des opérations de largages humanitaires pour toutes les zones dans le besoin, en priorité pour Daraya, Moadamiyeh et Madaya, où les populations civiles, y compris les enfants, risquent de mourir de faim », a déclaré M. Delattre.

Au mois d'avril, l'opposition a quitté la table des négociations en raison de l'escalade des combats sur le terrain et du manque d'aide humanitaire.

Le Haut Comité des négociations, mis sur pied par l'opposition syrienne, suggère pour sa part une trêve pendant le ramadan.

Les combats se poursuivent

Jeudi, plusieurs milliers de combattants syriens soutenus par les États-Unis ont ouvert un nouveau front d'importance dans la guerre en Syrie. Ils tentent de reprendre au groupe armé État islamique la zone de Manbij, dans le nord de la Syrie, que le groupe utilise comme base logistique pour assurer la circulation des combattants étrangers venant d'Europe.

L'opération a commencé mardi après plusieurs semaines de préparatifs discrets et vise à couper l'accès de l'EI à la Syrie, le long de la frontière turque.

Le président américain Barack Obama avait autorisé 300 militaires des forces spéciales à opérer sur le terrain à partir de lieux tenus secrets en Syrie.

Selon l'Observatoire syrien des droits de l'homme, cette alliance s'est emparée de 16 villages et se trouve désormais à moins de 15 kilomètres de Manbij.

Des frappes aériennes de la coalition internationale menée par les États-Unis ont tué 15 civils, dont 3 enfants, ces 24 dernières heures.

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