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Revoir l’intervention contre la détresse psychologique au travail

Alors que la détresse psychologique est de plus en plus dénoncée en milieu de travail, une équipe de chercheurs, chapeautée par Jacinthe Douesnard de l'Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), propose de réorienter la manière de lutter contre ce phénomène.

Un texte de Catherine Paradis

Dans un nouveau livre lancé au congrès de l’Association francophone pour le savoir (Acfas) à Saguenay cette semaine, des spécialistes en relations de travail de partout au Québec suggèrent aux employeurs de jouer un rôle plus important pour freiner la détresse psychologique et favoriser la réinsertion de leurs travailleurs.

« Les actions axées sur les individus qu’on fait depuis 40 ans, si ça fonctionnait on n’en serait pas où on en est avec des taux de détresse psychologique si élevés », soutient la professeure Jacinthe Douesnard, qui a dirigé la publication du livre Enjeux humains et psychosociaux du travail.

Selon une étude sur la santé et la sécurité au travail publiée en 2012, 14,8 % des travailleurs québécois souffrent de détresse psychologique au travail.

Sans avoir de données plus récentes, les chercheurs sont convaincus que la tendance va en augmentant. Les auteurs du livre estiment donc qu’une révision complète du fonctionnement des milieux professionnels est essentielle, notamment dans le domaine de la santé où la détresse psychologique est vertement dénoncée.

« Par exemple, lorsqu’on parle de la charge de travail, si on permettait davantage aux travailleurs d’organiser leurs tâches eux-mêmes tout en ayant plus de temps pour échanger entre eux sur leurs expériences respectives, les employés pourraient en ressortir avec une meilleure santé psychologique. C’est un changement de paradigme complet », explique-t-elle.

Retour au travail

Selon l'enquête québécoise sur la santé et sécurité au travail, 60 % des gens en congé maladie soutiennent que le travail fait partie du problème.

Le retour au travail prématuré est un enjeu majeur à considérer en raison des préjugés qui persistent concernant la santé mentale au travail, ajoute la professeure à l’Université Laval, Louise St-Arnaud.

« 40 % des gens reviennent au travail alors que le problème n’est pas réglé », a-t-elle mentionné durant un colloque à l’Acfas.

À son avis, il est primordial de mieux évaluer les pratiques de gestion, de soutenir davantage les personnes qui souffrent de détresse psychologique, de mieux préparer les collègues et de sensibiliser les cadres supérieurs à l’importance de bien gérer la santé psychologique des employés.

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