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Rio de Janeiro, à un an des Jeux olympiques de 2016

Tout peut changer en une année. Au moment de la Coupe du monde de soccer, l'été dernier, l'état des lieux pour les Jeux olympiques était inquiétant. Mais on se disait : c'est le Brésil. On ne sait pas comment, mais il va s'en sortir. Qu'en est-il aujourd'hui?

Un reportage de Jean-Michel Leprince envoyé spécial à Rio

Les Brésiliens étaient fâchés pour la Coupe du monde. « Que va-t-il nous rester? » se demandaient-ils. Rien de tel pour les Jeux olympiques.

D'abord, les JO, ce n'est pas le Brésil - à l'exception de quelques matchs de football -, mais c'est Rio. Les Cariocas s'attendent à des retombées, un legs pour leur ville. En un an, les choses ont bougé. Les sites olympiques et les grands travaux de transports bourdonnent; la ville est un immense chantier où l'on travaille jour et nuit.

Travaux au parc olympique. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Mais ça ne veut pas dire que tout est dans la poche. On s'inquiète notamment de la qualité de l'eau pour certaines épreuves.

Les athlètes de triathlon, eux, n'ont toutefois pas eu peur de se jeter à l'eau à Copacabana, même si une enquête de l'agence de presse AP a montré qu'elle était polluée et qu'elle contenait, en plus de bactéries, plusieurs virus.

Les organisateurs brésiliens contestent l'étude. Ils se fient aux directives de l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui ne les oblige pas à faire des tests pour les virus. Certains jours, après les pluies, la qualité de l'eau est moins bonne, mais l'eau est propre maintenant, dit le directeur des sports, Rodrigo Garcia. « Tout est au mieux pour les athlètes. »

Baie de Guanabara, face au mont du Pain de Sucre, lieu des épreuves de voile. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

« On avait un peu de crainte, mais à un an des Jeux, ça sent bon », indique Nicolas Becker, entraîneur de triathlon pour la France. À la sortie, aucun athlète ne s'est plaint de la qualité de l'eau, au contraire.

Les mêmes doutes pèsent sur la qualité de l'eau de la Lagoa Rodrigo de Freitas, pour les épreuves d'aviron, ainsi que sur la baie de Guanabara, pour les voiliers et les planches à voile.

La baie est encore et toujours polluée, notamment par cet énorme égout à ciel ouvert de Mangué, qui déverse les rejets de dizaines de favélas directement dans la baie.

« Il faut forcer les autorités à faire de la qualité de l'eau leur priorité absolue », dit l'écologiste Mario Moscatelli.

Un alligator prend le soleil dans cet égout à une cinquantaine de mètres de l'enceinte du Parc olympique, construit dans le lagon de Barra de Tijuca. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Des retards à rattraper

Il y a aussi du retard pour certaines installations, dont le vélodrome. On met les bouchées doubles. Le village olympique des athlètes est en bonne voie. Mais la Ville n'a toujours pas réglé les expropriations de la favéla voisine. Cent familles d'irréductibles refusent des indemnisations pour des terrains qui vaudront une fortune après les Jeux.

Rio a la chance d'avoir des installations toutes prêtes : le Maracana grâce au Mundial, le Sambadrome du Carnaval pour le marathon, le stade olympique des Jeux panaméricains de 2007.

L'égout à ciel ouvert de Mangué, qui se jette directement dans la Baie Guanabara. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Même chose pour le centre équestre, où on prépare l'épreuve test, comme pour les parcours de vélo de montagne et de BMX.

Retard par contre au centre de tir et dans d'autres installations du site de Deodoro, à l'extérieur de Rio. Tout cela, le grand patron de Rio 2016 et PDG de l'Autorité publique olympique (APO), Marcelo Pedroso, en est conscient, mais promet de tout livrer à temps.

Il dirige une opération complexe qui regroupe trois niveaux de gouvernement - fédéral, État de Rio, Ville de Rio - ainsi que le secteur privé, qui investit 57 % du capital nécessaire aux jeux et aux infrastructures, qu'on estime à environ 12 milliards de dollars.

Travaux à la sortie du tunnel qui double la route qui relie Rio à Barra de Tijuca, site du parc olympique, pour les automobiles et les autobus à voie rapide avec connexion au métro. Photo : Radio-Canada/Jean-Michel Leprince

Ce sont les premiers jeux de l'Amérique du Sud, dans un pays en développement. « Nous ne bâtissons rien d'extravagant, pas d'éléphant blanc. Notre candidature a été choisie parce que nous allons laisser un héritage durable aux Cariocas [habitants de Rio] », conclut Marcelo Pedroso.

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