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Rupture de confiance et attentes élevées pour Donald Trump

Combien de fois ai-je entendu dans les dernières semaines que les chances de gagner de Donald Trump étaient virtuellement impossibles, à tout le moins improbables ? Combien d'experts ont dit que le chemin de la victoire pour Donald Trump était extrêmement compliqué et tortueux ? Le résultat du 8 novembre ne correspond en rien aux projections des experts et des sondeurs.

Si les médias ont des leçons à tirer de ce qui s'est passé, c'est qu'il ne faut jamais perdre de vue la force du doute. Il faut prendre les sondages pour ce qu'ils sont : des échantillons d'humeurs et de perceptions. Il faut les mettre en perspective et ne pas abuser de leur utilisation. Et il faut varier les analyses en faisant entendre des dizaines d'experts et non pas un groupe restreint, même si ces gens sont clairs, intéressants et pertinents.

Dans le cadre de RDI Économie et sur cette page d'analyse, nous avons voulu expliquer factuellement les propositions des deux candidats à la présidence américaine. Nous avons voulu expliquer ce que proposait Donald Trump, même si plusieurs nous disaient que ce n'était pas sérieux, que ce n'était pas possible. Nous avons fait notre travail d'explications et d'analyses.

Rupture, colère et espoir

Surtout, j'ai souligné, à plusieurs reprises et à grands traits, la rupture de confiance qui est apparue entre une partie de la population et les décideurs économiques et politiques. Cette rupture, elle s'est incarnée dans la popularité de Bernie Sanders et de Donald Trump durant les primaires américaines, dans le vote du Brexit en juin, dans l'opposition des Wallons au libre-échange Canada-UE en octobre et, de façon spectaculaire, dans le vote de mardi dernier aux États-Unis.

En direct, dans la nuit de mardi à mercredi, j'ai parlé de cette rupture qui a conduit les gens à choisir le candidat qui leur parlait à eux, directement, qui leur a fait des promesses, qui est apparu comme un personnage indépendant, hors système, incorruptible, un sauveur.

Si le message n'est pas compris par les élites économiques et politiques aujourd'hui, il ne le sera jamais. Ce vote en faveur de Donald Trump en est un de colère mais aussi d'espoir. La colère devant les promesses non tenues des politiciens depuis des décennies. Et l'espoir que Donald Trump va rétablir les choses comme elles étaient, quand les choses allaient mieux.

Les promesses de Donald Trump

Et c'est ici que le compteur est maintenant à 0. Donald Trump a promis le retour de millions d'emplois disparus aux mains de la mondialisation, la réouverture d'usines manufacturières, la relance de secteurs abandonnés, comme celui du charbon. Il a promis de meilleurs salaires, un niveau de vie plus élevé, un meilleur pouvoir d'achat. Il a annoncé son intention d'investir des milliards de dollars dans les infrastructures, de baisser massivement les impôts. Il a promis gros et, s'il ne livre pas la marchandise, la déception pourrait être pire encore que celle qu'on trouve aujourd'hui.

À NBC dimanche matin, j'ai vu un reportage réalisé dans un petit village de l'Indiana, dépossédé de sa mine de charbon, triste et grise, rue principale abandonnée, citoyens désenchantés. La plupart ont voté pour Donald Trump parce qu'il leur a promis de rétablir leurs emplois, leur économie, de rendre leur village « great again ». Ils le croient. Et c'est tout ce qui compte. Ils le croient. Ils lui font confiance. Pour eux, c'est le seul qui peut réussir.

C'est là que nous en sommes. La rupture est réelle. Et c'est Donald Trump qui deviendra le 45e président des États-Unis. Les attentes économiques sont élevées. 

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