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Russes, Français, Américains et Turcs frappent l'État islamique

Alors que les forces aériennes françaises, russes et coalisées concentrent le tir sur le fief djihadiste de Raqqa, en Syrie, la Turquie et les États-Unis s'allient pour libérer et sécuriser la frontière nord de la Syrie.

Les raids aériens menés depuis trois jours par l`aviation française et russe en Syrie ont fait au moins 33 morts dans les rangs des djihadistes, principalement à Raqqa, considérée comme un château fort de l'EI, rapporte l'Observatoire syrien des droits de l'homme (OSDH).

Toujours selon l'Observatoire, qui s'appuie sur un réseau de sources en Syrie, des dizaines de combattants et de cadres de l'organisation terroriste auraient fui le nord de la Syrie avec leurs familles pour gagner Mossoul, métropole du nord de l'Irak, aux mains des djihadistes depuis 2014. Les Français concentrent également le tir sur la ville de Deir Ezzor, le long de l'Euphrate.

L'aviation russe s'attaque aux infrastructures pétrolières

Les forces russes ont quant à elles bombardé intensivement mercredi les régions de Raqqa, Alep, Idlib et Daïr Az Zour, ciblant désormais les transports et les installations pétrolières de l'État islamique qui se finance en écoulant du pétrole sur le marché noir, notamment via la Turquie.

Dans les rues de Raqqa, où 350 000 civils se trouvent toujours, les djihadistes empêchent quiconque de quitter la ville, utilisant les quartiers populaires bondés de civils pour se cacher des raids aériens.

Pour éviter de se faire toucher dans leurs bases, les combattants ont fui vers des quartiers résidentiels, où ils se sont établis dans des maisons abandonnées. Le groupe a aussi mis en place plusieurs mesures pour éviter de se faire repérer par les troupes ennemies, rapporte l'Associated Press.

Pris entre deux feux, les habitants terrorisés redoutent l'arrivée imminente des troupes terrestres kurdes et arabes dans la ville qui deviendra alors un champ de bataille.

L'intensification des bombardements français et russes commence donc à se faire sentir à la suite des attentats de Paris et de l'explosion d'une bombe à bord d'un avion russe dans le Sinaï, fin octobre.

Par ailleurs, le groupe aéronaval du porte-avions Charles-de-Gaulle appareille aujourd'hui pour renforcer les opérations en Méditerranée orientale.

François Hollande à Washington et à Moscou

S'adressant à des centaines de maires rassemblés pour l'écouter, le président français a exhorté en matinée la communauté internationale à « faire sa part » dans la campagne contre l'États islamique.

Exprimant la nécessité d'unir les forces engagées contre l'EI autant dans le monde que sur le terrain, en Syrie et en Irak, le président français a déclaré qu'il comptait rapprocher Moscou et Washington dans un effort commun pour en finir avec l'organisation armée.

« Je me rendrai mardi prochain à Washington et jeudi prochain à Moscou pour évoquer avec Barack Obama puis avec Vladimir Poutine la nécessaire coordination de nos actions pour travailler de manière décisive dans les meilleurs délais pour atteindre cet objectif », a déclaré François Hollande.

Les États-Unis et la Turquie s'attaquent au nettoyage de la frontière syrienne

Pendant que l'aviation russe et française concentrent le feu sur le fief de Raqqa, les États-Unis et la Turquie annoncent une intensification de leurs opérations pour repousser les combattants de l'État islamique de la bande frontalière qui sépare le nord de la Syrie et de la Turquie.

Selon le chef de la diplomatie turque, Feridun Sinirlioglu, les États-Unis et la Turquie ont mis au point « certains plans » visant à en finir avec la présence de l'EI à la frontière turque. « Une fois que ces plans auront été finalisés, nos opérations vont s'intensifier. Vous le verrez dans les prochains jours », promet le ministre des Affaires étrangères turc.

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