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Sables bitumineux : le Canada se défend devant une commission environnementale

Le gouvernement canadien reconnaît le manque de preuves scientifiques pour déterminer si des bassins de résidus des sables bitumineux ont coulé dans des cours d'eau albertains et causé du tort à des poissons, mais il dit continuer de travailler sur des méthodes pour déterminer si des produits chimiques découverts dans des eaux souterraines sont d'origine naturelle ou industrielle.

Le gouvernement a finalement présenté sa réponse à la section de l’Accord de libre-échange nord-américain qui se penche sur des questions environnementales, la Commission de coopération environnementale (CCE). Cette dernière voulait que le Canada lui explique ce qu'il fait pour empêcher que les bassins de décantation des sables bitumineux fuient dans les cours d'eau de l'Alberta.

Dans un document transmis à la CCE, vendredi soir, le gouvernement fédéral dit avoir mené diverses activités pour que les règles soient appliquées entre 2009 et 2014, mais il souligne qu'il est difficile de faire la différence entre les éléments chimiques naturels et industriels. Il ajoute aussi que les enquêteurs n'ont pas eu de motifs valables pour penser que la législation canadienne n’avait pas été respectée.

En conséquence, le gouvernement dit avoir transféré des ressources accordées aux inspections pour mieux se concentrer sur l'application de la réglementation.

Le gouvernement canadien ajoute poursuivre ses recherches afin d'élaborer de meilleurs outils scientifiques pour les enquêtes futures, mais soutient que des progrès importants ont été réalisés dans ce domaine depuis 2014.

Dans un communiqué publié samedi, la ministre de l'Environnement Catherine McKenna déclare que le ministère continue de travailler avec toutes les parties pour que la science et les meilleures technologies soient utilisées dans la surveillance environnementale de l'exploitation des sables bitumineux.

Des organismes environnementaux inquiets

En juin, l'organisme canadien Environmental Defence et le Natural Resources Defense Council, établi aux États-Unis, avaient déposé une plainte, accusant le Canada de ne pas appliquer la Loi sur les pêches en laissant des contaminants des bassins de décantation fuir dans l'eau sans obliger les entreprises responsables à résoudre le problème.

La CCE avait demandé en août une réponse du Canada à ce sujet.

Le pacte environnemental signé par le Canada, le Mexique et les États-Unis en complément de l'Accord de libre-échange nord-américain permet à des organisations non gouvernementales et à des citoyens des trois pays de soumettre des plaintes si les lois et réglementations environnementales ne sont pas appliquées.

Selon le directeur d'Environmental Defence, Tim Gray, la réponse fédérale est « faible et décevante ». M. Gray a fait état d'une étude publiée par des chercheurs gouvernementaux en 2014 qui démontraient une forte concentration de produits chimiques pouvant être reliés aux bassins de rétention dans la rivière Athabasca.

« À mon avis, on peut monter un dossier solide pour montrer que ces produits chimiques toxiques provenant des bassins de rétention s'écoulent dans des cours où vivent des poissons. Il y a donc violation de la Loi sur les pêcheries », a-t-il déclaré, samedi dans une entrevue à Ottawa.

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