Retour

Saisie d'armes à Saint-Hubert : un témoin relate les présumées menaces d'Hugo Bernard

La banale dispute entre automobilistes qui a mené à une impressionnante saisie d'armes chez un résident de l'arrondissement de Saint-Hubert, en décembre dernier, est au cœur d'un procès au palais de justice de Longueuil. Hugo Bernard, 44 ans, est accusé d'avoir menacé un conducteur et d'avoir vandalisé sa voiture.

Un texte de Geneviève Garon

Hugo Bernard n'aurait pas du tout aimé que Yan Martin communique avec la police après avoir subi un accrochage au volant de sa voiture, le 5 décembre 2016.

« Je vais t'enlever ton grand sourire, on va se recroiser toi et moi. J'ai ton adresse. » Ce sont les mots qu'aurait employés Hugo Bernard à l'endroit de Yan Martin, selon le témoignage de ce dernier à la Cour du Québec, lundi.

En ce jour de tempête hivernale, Yan Martin, 30 ans, était immobilisé à un feu rouge sur le boulevard Mance, dans Saint-Hubert. Soudain, la conductrice du véhicule devant lui, un Dodge Nitro, se serait mise à reculer pour laisser passer une autre voiture, au point de heurter le pare-chocs avant de sa Honda Civic neuve.

« Moi et ma gang, on va te retrouver »

En colère, Yan Martin serait entré dans un commerce afin de remplir un constat à l'amiable et communiquer avec la police, alors que la dame faisait un appel téléphonique.

À sa sortie, le plaignant affirme que l'automobiliste était accompagnée d'Hugo Bernard, qui venait d'arriver sur les lieux au volant de son propre véhicule.

Ils auraient refusé de remplir le constat et Hugo Bernard l'aurait menacé de mort, affirmant entre autres : « Je n'en ai pas fini avec toi. […] Moi et ma gang, on va te retrouver. »

L'accusé se serait ensuite approché du véhicule du témoin, avant de partir en courant et de quitter les lieux.

Quelques minutes plus tard, Yan Martin aurait réalisé que son automobile avait été vandalisée. « Il y avait de grosses rayures dans la peinture » du côté passager, a-t-il raconté, comme si quelqu'un avait enfoncé une clef.

56 armes à feu saisies chez Hugo Bernard

C'est une fois rendu au poste de police que Yan Martin aurait saisi la gravité de la situation.

« Sur le coup, je n'avais pas été intimidé [par les menaces de mort]. Mais quand j'ai vu les dommages sur mon véhicule, j'ai compris que j'avais peut-être affaire à un drôle d'individu », a-t-il raconté en réponse aux questions du procureur aux poursuites criminelles et pénales, Éric Nadeau.

C'est en faisant des vérifications de routine au sujet d'Hugo Bernard que les policiers ont appris qu'il avait de nombreuses armes de poing légalement enregistrées, ainsi que des antécédents en matière d'armes prohibées et de trafic de stupéfiants remontant à une vingtaine d'années.

Après avoir obtenu un mandat de perquisition à son domicile de Saint-Hubert, la police a découvert 56 armes à feu, dont 11 armes prohibées. Des silencieux et sept couteaux à cran d'arrêt, également illégaux, ont aussi été saisis.

La nouvelle a fait la manchette fin 2016, alors que les policiers cherchaient à comprendre dans quel but le Longueuillois possédait un tel arsenal et comment il se l'était procuré.

Hugo Bernard fait face à 19 chefs d'accusation liés à la possession d'armes prohibées. Le dossier revient à la Cour en septembre afin de fixer une date pour l'enquête préliminaire.

L'affaire de menaces et méfait à l'endroit de Yan Martin est jugée séparément.

L'avocat d'Hugo Bernard, François La Haye, a laissé entendre que les dommages à la voiture pouvaient avoir été causés bien avant la dispute, ce que le plaignant a nié.

Le procès doit se poursuivre en octobre avec le témoignage de deux policières, de la conductrice impliquée dans l'accrochage et d'Hugo Bernard. Il est détenu depuis son arrestation.

Plus d'articles

Commentaires

Vidéo du jour


Une caméra de sécurité montre quelque chose d'extraordinaire





Rabais de la semaine