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Salon de l’auto de Détroit : le retour en force des camionnettes, un enjeu pour l’environnement?

Alors qu'au cours des dernières années, les véhicules électriques et hybrides étaient les vedettes du Salon international de l'auto de Détroit, ce sont les camionnettes et autres VUS qui prennent toute la place cette année. Un phénomène qui inquiète certains défenseurs de l'environnement.

Un texte de Marine Lefèvre

C’est au son de la musique country dans la pure tradition américaine que Chrysler-Fiat a dévoilé lundi les versions 2019 de son camion Dodge Ram 1500.

À l’instar de GM et de Ford, cette fin de semaine, le constructeur américain fait vibrer la fibre sentimentale de ses futurs acheteurs en glorifiant le dur labeur, la résilience et la force.

Et ça fonctionne, note Benoît Charette, rédacteur en chef de L'annuel de l’automobile. Les acheteurs sont au rendez-vous.

Il s’est vendu 2,7 millions de camionnettes en 2017 aux États-Unis, et 68 % des véhicules vendus au Canada étaient des camionnettes ou des utilitaires sport l'an dernier, souligne M. Charette.

Il faut dire que ces véhicules sont plus rentables pour les constructeurs. La marge de profit sur une camionnette est d'environ 10 000 $ par modèle, ce qui est largement supérieur à celle d'une petite voiture, qui équivaut à moins de 500 $.

« C’est là-dessus qu’on fait de l’argent. Il faut se financer à travers des camions pour faire des voitures électriques et hybrides », explique M. Charette.

Un coût environnemental certain

Cette tendance est préoccupante pour Sylvain Dussault, conseiller stratégique en transport à Coop Carbone, qui cherche des solutions pour réduire la production de gaz à effet de serre des entreprises.

Les progrès technologiques ont permis d'améliorer la consommation de ces véhicules, mais la situation est loin d'être optimale.

« Les entreprises ont investi beaucoup en recherche et développement pour réduire la consommation, mais en fait, il y a une partie de ces avancées-là qui ont permis d’ajouter des accessoires aux véhicules et d’aller vers des véhicules plus gros », poursuit M. Dussault.

Toutefois, ce qui lui paraît encore plus inquiétant, c'est l'augmentation constante du nombre de véhicules vendus.

Petite lueur d'espoir à l'horizon : la croissance du covoiturage, notamment aux États-Unis, où de plus en plus de gens combinent leurs trajets.

« Le fait d’avoir de gros véhicules n’est pas en soi une bonne nouvelle, mais si on utilise ces véhicules de manière partagée, l’impact peut vraiment diminuer de ce côté-là », conclut M. Dussault.

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