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Sam Hamad somme les syndicats du secteur public d'accepter l'entente de principe

Tandis que les élus se préparent pour la rentrée parlementaire, le nouveau président du Conseil du Trésor, Sam Hamad, maintient la ligne dure et n'entend pas offrir davantage aux employés de l'État qui rejetteront l'entente de principe conclue entre le gouvernement et le Front commun.

Un texte de Nicolas Vigneault

« On ne mettra pas une cenne de plus par rapport à ce qu'on a donné à d'autres. Par respect pour les 350 000 personnes qui ont signé, ratifié une entente », a répété le ministre Hamad en entrevue, lundi, à Radio-Canada.

Certains syndicats sont toujours en consultation auprès de leurs membres, dont la Fédération autonome de l'enseignement (FAE) et la Fédération de la santé et des services sociaux (FSSS), qui représente 110 000 employés du secteur de la santé. Les dirigeants de ces deux syndicats se sont ouvertement prononcés contre l'entente.

Le nouvel argentier du gouvernement se montre peu enclin à un retour à la table des négociations, advenant le rejet de l'entente par les syndiqués.

Questionné à savoir si le gouvernement entend adopter une loi spéciale afin d'imposer l'entente aux fédérations récalcitrantes, il dit qu'il « va les laisser par respect faire leur assemblée générale ».

« On va attendre les résultats et on agira après s'il y a lieu », ajoute Sam Hamad, qui reconnaît que les seules options qui s'offrent dans le contexte sont l'acceptation de l'entente, de nouvelles négociations ou l'adoption d'une loi spéciale.

Maintien des compressions

Par ailleurs, le président du Conseil du Trésor n'entend pas délier les cordons de la bourse au cours des prochains mois pour calmer la grogne contre les compressions budgétaires du gouvernement Couillard. « Notre objectif est de respecter ce que nous avons dit, respecter ce que nous avons mis dans les budgets, indique-t-il. Actuellement, la tendance est là, nous allons atteindre l'équilibre budgétaire et la marge de manœuvre que nous allons dégager, c'est parce qu'on veut investir à la bonne place, c'est-à-dire l'éducation et la santé. »

Selon des documents publiés par le ministère des Finances en janvier, les coffres du gouvernement présentaient un surplus de 1,3 milliard de dollars au 31 octobre 2015. Le président du Conseil du Trésor souligne toutefois qu'il reste encore beaucoup de comptes à payer, ce qui pourrait réduire les surplus du gouvernement.

Campagne contre le droit de décréter les conditions de travail

La partie de bras de fer entre les syndicats et le gouvernement est d'ailleurs loin d'être terminée. La FTQ et le Syndicat canadien de la fonction publique (SCFP) lancent une vaste campagne à la radio pour dénoncer la volonté du gouvernement de décréter les conditions de travail des employés dans le secteur municipal.

Pour sa part, le premier ministre Philippe Couillard entend garder le cap compte tenu des discussions qui ont eu lieu avec les municipalités concernant le pacte fiscal. « Les municipalités nous ont dit : "OK, vous nous demandez de réduire nos coûts, mais il y a des éléments qu'on ne contrôle pas. Par exemple, la symétrie des rapports de force aux tables de négociations, la lourdeur de reddition de comptes, le transfert de responsabilités sans que les budgets y soient associés." Alors, on a décidé d'agir sur chacun de ces trois éléments », conclut M. Couillard.

Le président du Conseil du Trésor veut régler l'ensemble des conventions collectives d'ici la fin de la session parlementaire.

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