Les loyers sont tellement élevés à San Francisco que beaucoup d'enseignants sont obligés de quitter la région. Impossible pour eux de s'acheter une maison. Certains dorment même dans leur voiture.

Christian Latreille

  Un texte de Christian Latreille

C'est à San Francisco, le long de la Silicon Valley, que vivent plusieurs des petits génies d'Apple, Google, Facebook, Twitter et compagnie. Par contre, ceux qui ont enseigné à ces nouveaux millionnaires de la technologie ne peuvent plus se permettre d'habiter cette ville magnifique de la Californie.

Pourquoi? Le prix du logement a bondi au cours des dernières années. La moyenne des loyers est de 3600 $ par mois, et 57 % des maisons valent plus d'un million de dollars.

Faire le taxi après les classes

À 45 ans, Anthony Arinwine, un enseignant au primaire, vit encore comme un étudiant, avec des colocataires. Il loue, depuis peu, une chambre dans le condo d'un ami à Oakland, de l'autre côté de la baie de San Francisco, pour 1000 $ par mois. C'est la moitié du prix qu'il payait pour louer son ancien appartement.

Le soir, après l'école, Anthony troque craies et tableau noir pour un volant chez Uber. Il fait le taxi une vingtaine d'heures par semaine pour augmenter ses revenus.

Impossible de s'acheter une maison

La commission scolaire de San Francisco vit une crise majeure, selon la vice-présidente du syndicat des enseignants, Susan Solomon.

« J'ai même vu certains professionnels de l'enseignement sans abri. J'en ai vu d'autres coucher dans leur voiture », ajoute-t-elle.

Cette année, il a fallu pourvoir d'urgence 465 postes de professeurs laissés vacants. Beaucoup d'enseignants quittent San Francisco et la région.

Pour retenir ses professeurs, la Ville de San Francisco a dû adopter un règlement interdisant l'éviction des enseignants qui sont locataires. Le boom technologique dans le sud de la Californie a fait exploser le marché immobilier.

Des HLM pour les enseignants

« Je suis très inquiet. Je tente de sensibiliser les politiciens à l'urgence de la situation », affirme le directeur de la commission scolaire de Santa Clara, Jon Grundy.

La commission scolaire a fait bâtir des logements à loyer modique pour les professeurs. Soixante-dix HLM, situés près d'une école. Il en coûte 1700 $ par mois pour un appartement de trois chambres à coucher. Une « aubaine »!

Davide Ghiladucci, un enseignant de 28 ans, est de ceux dont le nom a été choisi lors d'une loterie. Il peut loger sa famille dans le complexe d'habitation « La casa del maestro » (La maison des maîtres).

Mais cette aide n'est offerte que pour permettre aux enseignants d'amasser une mise de fonds pour une maison. Ils devront s'en aller après sept ans.

Comment éviter l'exode?

D'autres n'ont pas eu la même chance. Handy Hansen a décidé de quitter San Francisco en raison du prix exorbitant de la vie sur place. Elle y enseignait depuis huit ans. Elle et sa conjointe déménagent en Iowa, où elles pourront s'offrir une maison.

Pour l'instant, les autorités scolaires ont réussi à éviter un exode des enseignants, mais Jon Grundy, grand patron des écoles de la région, est très inquiet.

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