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Santé mentale : plus de ressources réclamées pour aider les familles

Ceux qui accompagnent un enfant, un parent ou un conjoint qui souffre d'un trouble mental vivent, eux aussi, leur propre détresse psychologique. Les organismes qui leur viennent en aide sont débordés. Le nombre de demandes a augmenté de 22 % en moyenne au cours de la dernière année.

Un texte de Marie-Laurence Delainey

« C’est énorme parce que, si on fait le calcul, on offrait des services pour 60 000 demandes [annuellement]. On observe une augmentation de 22 %. On tourne autour de 10 000, 12 000 nouvelles demandes depuis un an », explique le directeur général du Réseau avant de craquer, René Cloutier.

L’organisme l’Accolade santé mentale de Châteauguay, par exemple, peine à répondre à la demande, insiste sa directrice générale, Gabrielle Brind’Amour.

« On aimerait avoir tout le monde à cinq jours et une intervenante supplémentaire pour l’instant. Si ça continue d’augmenter tout le temps, ça prendra plus d’intervenants supplémentaires. Ces gens-là ont leurs propres souffrances, ça prend des gens aptes à accueillir cette souffrance, la démêler, démêler tout ça », dit-elle.

« La Terre a arrêté de tourner »

Un père, rencontré sous le couvert de l’anonymat, peut en témoigner. Après plusieurs tentatives de suicide, son fils a reçu un diagnostic de bipolarité il y a trois ans.

« Quand notre fils a fait sa première tentative, il voulait en finir. Pour nous, je peux dire que la Terre a arrêté de tourner. Ce qu'on a vite compris, c'est qu'en se rendant à l’hôpital, ils prendraient soin de notre fils, mais pour ce qui est des parents, il fallait trouver de l'aide », se souvient-il.

C’est lorsqu’il a fait appel à l’organisme l’Éclusier du Haut-Richelieu que sa vie a changé. « Eux, ils nous ont accompagnés dans la douleur. À partir de là, on a commencé à sortir la tête au-dessus de l’eau. »

Le ministre Barrette ciblé par les organismes

Selon le Réseau avant de craquer, l'augmentation des demandes vient en partie du plan d'action en santé mentale du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, lancé il y a trois ans.

Une des mesures vise à créer un lien plus étroit entre les établissements de santé, comme les CLSC et hôpitaux, et les organismes communautaires. L'initiative est essentielle, mais nécessiterait 7 millions de dollars de plus par année, selon eux.

« Les établissements, par cette entente de collaboration, réfèrent de plus en plus les familles aux associations. Avec l'augmentation des références, la pression est encore plus forte », ajoute M. Cloutier.

Au bureau du ministre de la Santé, on répond que la demande du Réseau avant de craquer est à l’étude et on ajoute avoir récemment lancé plusieurs initiatives en santé mentale.

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