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Santé mentale : Québec veut ajuster le tir pour améliorer les services 

Québec présente vendredi son nouveau plan d'action en santé mentale 2015-2025. Malgré la hausse de 50 % des budgets investis depuis 2005, le gouvernement constate une amélioration, certes, mais qui n'est pas proportionnelle à l'augmentation des sommes consenties.

Un texte de Davide Gentile

Gaétan Barrette veut s'assurer que les sommes prévues pour la santé mentale y soient bel et bien consacrées. Québec veut aussi que le réseau arrive à mieux coordonner ses actions dans le secteur. « Les services en santé mentale sont éclatés », constate le ministère, qui souligne des défis importants par exemple quant à la transition entre les services aux jeunes et ceux offerts aux adultes.

La « continuité » devra être améliorée et dans chaque établissement un cadre sera imputable quant aux résultats. Il faut aussi augmenter le soutien aux généralistes et améliorer l'arrimage entre les soins en santé mentale et ceux en lutte contre les dépendances.

« Nous, on souhaite que le prochain plan d'action oblige les gens à s'asseoir autour d'une table et à se concerter », affirme Charles Rice du réseau communautaire en santé mentale. Selon lui, les fusions qui découlent du projet de loi 10 pourraient forcer le réseau à plus de cohérence.

« Un des problèmes qui existait auparavant, c'est qu'il y avait plusieurs établissements. Mais là, avec un établissement par région, il y a quelqu'un qui va être imputable. » Il estime essentiel d'attendre pour voir si les fusions d'établissements auront bien cet effet. Et il souligne que les ressources financières constituent aussi un problème. 

Québec veut aussi revoir l'application de la loi P-38 sur la protection des personnes dont l'état mental présente un danger pour eux-mêmes.

La législation prévoit qu'un citoyen peut demander à un juge qu'une personne malade soit amenée de force à l'hôpital pour une évaluation. On relève « une évocation erronée par des professionnels de la notion de confidentialité pour ne pas impliquer les membres de l'entourage ».

Le droit au consentement et à l'accompagnement serait aussi mal appliqué. « Certains psychiatres utilisent la loi sur la confidentialité pour ne pas avoir de comptes à rendre aux familles », croit Simon Lacombe. Cet aidant naturel de Montréal estime qu'il faut donner plus de pouvoirs aux proches quant aux décisions relatives aux traitements de gens atteints de graves maladies mentales.

« La psychose, ça ne ressemble à rien. La personne est complètement détachée de la réalité, son jugement est altéré, et on lui donne le pouvoir de refuser d'être traitée quand elle n'a pas les moyens de prendre cette décision-là. »

Rien n'indique cependant que le gouvernement décidera de revoir les dispositions légales qui permettent à un patient de refuser un traitement. 

 

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