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Saumon génétiquement modifié : des groupes écologistes en Cour fédérale

Un groupe d'écologistes va contester devant la Cour fédérale la décision d'Environnement Canada d'approuver la production d'oeufs de saumons génétiquement modifiés.

Le Centre d'action écologique et l'organisme Living Oceans affirment que la décision a été prise derrière des portes closes et qu'elle pourrait créer un sérieux précédent. On accuse aussi Environnement Canada de ne pas avoir mené d'étude d'évaluation des risques, avant d'autoriser une entreprise américaine à produire ces oeufs dans l'est de l'Île-du-Prince-Édouard.

Mark Butler, du Centre d'action écologique à Halifax, affirme qu'il y a un réel danger que le saumon génétiquement modifié s'échappe des bassins et qu'il se mêle au saumon sauvage.

« Une fois que le poisson se reproduit avec un saumon sauvage, vous ne pouvez remettre le génie dans la bouteille », ironise-t-il.

Il s'inquiète aussi des répercussions de cette nouvelle technologie.

« Cela va accroître légèrement le taux de naissance des saumons, ils vont donc aboutir plus rapidement au marché. Mais, en revanche, si jamais il devait y avoir une contamination, les conséquences seraient désastreuses pour la pêche sportive. »

Du saumon qui grandit deux fois plus vite

La compagnie AquaBounty Technologiesbasée au Massachusetts, affirme qu'elle a développé une manière de faire croître le saumon deux fois plus vite, en modifiant les oeufs avec des gènes de saumon quinnat et de la loquette d'Amérique, un poisson qui ressemble à une anguille.

L'entreprise cherche depuis 1995 à obtenir l'approbation des États-Unis pour développer sa technologie. Et alors que ni les États-Unis, ni le Canada n'ont approuvé le saumon génétiquement modifié pour la consommation humaine, la décision d'Environnement Canada de donner le feu vert à la modification des oeufs à l'Île-du-Prince-Édouard est vue comme une étape cruciale.

Kaitlyn Mitchell, une avocate au sein d'Écojustice, dit que son groupe a un argument légal en vertu de la loi canadienne sur la protection de l'environnement.

« C'est significatif puisqu'il pourrait s'agir du premier animal génétiquement modifié au monde. C'est primordial que le gouvernement s'y prenne de la bonne façon dès le départ », lance-t-elle.

Une porte-parole d'Environnement Canada déclare qu'elle ne peut commenter la cause avant qu'elle ne soit débattue devant les tribunaux. Elle maintient cependant que l'étude d'évaluation des risques a bel et bien été faite. Elle a d'ailleurs fait parvenir un courriel à cet effet.

« L'étude d'évaluation des risques a conclu qu'il n'y avait aucune inquiétude liée à l'environnement et à la santé des Canadiens », écrit Maria Ivancic.

Dans la poursuite, les groupes écologistes allèguent que le gouvernement a erré dans sa responsabilité d'inclure des éléments sur la toxicité, sur l'invasion et sur la pathogénicité.

L'objectif de la compagnie AquaBounty Technologies veut ensuite élever le saumon génétiquement modifié au Panama, puis ailleurs si elle obtient l'aval des États-Unis.

Le président de la compagnie, Ron Stotish, affirme que  « AquaBounty est confiante que c'est la position du gouvernement canadien qui prévaudra devant les tribunaux et que la cause de deux organisations non gouvernementales est tout à fait sans mérite. »

En novembre, Aquabounty avait affirmé que l'approbation d'Environnement Canada était basée sur une étude de ses fermes d'élevage de saumon à l'Île-du-Prince-Édouard et sur l'opinion d'un panel d'experts scientifiques indépendants au sein du ministère des Pêches et Océans.

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