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Scandale du CUSM : l'enquête préliminaire reprend sans Porter

L'enquête préliminaire des coaccusés dans le vaste scandale de fraude du Centre universitaire de santé de McGill (CUSM) a repris lundi en l'absence de son ex-directeur, Arthur Porter, mort le 30 juin dernier au Panama.

Elle se poursuivra pendant quelques semaines, jusqu'en juin 2016. Le processus est ralenti par l'obligation de tout traduire, puisque deux des coaccusés sont des anglophones unilingues. L'enquête, suspendue en avril, est frappée d'une ordonnance de non-publication.

Au départ, neuf personnes ont été accusées de fraude, de corruption et, pour certaines d'entre elles, de blanchiment d'argent dans cette histoire de présumés pots-de-vin, qualifiée par un enquêteur de l'escouade Marteau de « plus grande fraude pour corruption de l'histoire du Canada ».

Deux anciens hauts dirigeants de SNC-Lavalin, dont son PDG Pierre Duhaime, auraient versé plus de 22,5 millions de dollars à celui qui était alors directeur général du CUSM, Arthur Porter, et à son bras droit Yanaï Elbaz, afin d'obtenir le contrat de construction du nouveau CUSM, un projet de plus de 1,3 milliard de dollars.

Les coaccusés sont l'ex-PDG de la firme de génie SNC-Lavalin Pierre Duhaime, l'ex-président de la division construction de l'entreprise Riadh Ben Aïssa, les frères Yanaï et Yohann Elbaz - ce dernier ayant renoncé à la tenue de son enquête préliminaire dès le premier jour -, Martin St-Clair Armitage, Stéphane Roy, Jeremy Morris et Arthur Porter.

Le nom de ce dernier figure toujours sur la liste des coaccusés parce que les autorités du pays n'ont pas encore délivré son certificat officiel de décès au Canada.

Dans les jours qui ont suivi l'annonce de sa mort, l'Unité permanente anticorruption (UPAC) a dépêché des enquêteurs dans ce pays pour authentifier l'identité de la dépouille. Le fait que le médecin signataire du certificat de décès affirmait ne pas avoir vu le corps avait suscité le scepticisme des enquêteurs québécois.

Détenu au Panama depuis 2013, Arthur Porter contestait son extradition au Canada.

En décembre dernier, sa femme, Pamela Porter, a plaidé coupable de deux accusations de recyclage des produits de la criminalité, s'évitant un procès. Elle a été condamnée à deux ans moins un jour d'emprisonnement. Six mois plus tard, elle était transférée en maison de transition.

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