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Scandale Facebook-Cambridge Analytica : Christopher Wylie prêt à témoigner

Christopher Wylie, le lanceur d'alerte canadien qui a dévoilé le scandale Facebook-Cambridge Analytica, a affirmé en entrevue à CBC, mercredi soir, qu'il veut témoigner aux États-Unis et au Royaume-Uni à propos des menaces que représentent les médias sociaux sur les institutions démocratiques et les élections.

« C’est dans l’intérêt public qu’on doit commencer à discuter de ces problèmes. Malheureusement, nos législateurs et régulateurs jouent sur le mode du rattrapage par rapport à des enjeux qui sont bien connus depuis longtemps dans le secteur des technologies », a-t-il indiqué.

Lorsqu’on lui a demandé s’il accepterait de témoigner au Canada, Wylie a répondu « absolument ».

Originaire de la Colombie-Britannique, cet analyste de données de 28 ans est le cerveau derrière la compagnie Cambridge Analytica et son système qui a permis à la campagne de Donald Trump de profiter d'informations de plus de 50 millions d'utilisateurs Facebook sans leur autorisation.

Wylie a dit qu'il est temps pour les gouvernements d'avoir un réel débat sur la signification de la vie privée à l'ère numérique, les risques inhérents aux plateformes de médias sociaux, et comment protéger les démocraties contre les vulnérabilités dans l'infrastructure de communication.

Le lanceur d’alerte veut également rencontrer Facebook qui, allègue-t-il, a tenté de noyer les articles de l'Observer et du New York Times, les premiers médias à exposer le scandale.

« Je pense plus largement qu'ils commencent à comprendre qu'il existe un potentiel de crise existentielle sur Facebook, parce que les gens s’aperçoivent que vous avez une entreprise qui a un problème avec le fait que tout son modèle d'affaires tourne autour de la utilisation de données personnelles », a-t-il indiqué.

À la suite des révélations de La Presse canadienne sur les liens contractuels au début de l'année 2016 entre le Parti libéral du Canada (PLC) et Christopher Wylie, le PLC a dévoilé davantage de détails mercredi concernant cette brève collaboration. Le parti soutient qu'« après avoir vu ce qui était offert », il a refusé d'aller de l'avant.

Selon le communiqué publié par le PLC, la firme de Christophe Wylie, Eunoia Technologies, a effectué « un travail préliminaire » pour un montant de 100 000 $. Un contrat conclu « conformément aux règles d'approvisionnement de la Chambre des communes », précise-t-on.

À la période des questions, à la Chambre des communes, le chef du Parti conservateur, Andrew Scheer, a qualifié Christopher Wylie « d’exécutant au Parti libéral ».

Cette affirmation a fait bondir l’homme de 28 ans. « Ce que je dirais à M. Scheer, c'est que je me présente comme un lanceur d'alerte pour parler d'un projet qui n'a absolument rien à voir avec le Parti libéral », a-t-il déclaré.

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