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Scott Walker, la bête noire des syndicats, à l’assaut de la Maison-Blanche

Le gouverneur qui s'est fait connaître à la grandeur du pays en s'attaquant aux syndicats vise maintenant une autre cible : la Maison-Blanche. Le gouverneur du Wisconsin, Scott Walker, a mis fin au faux suspense entourant sa candidature à l'investiture républicaine en officialisant ses intentions sur Internet, lundi.

Un texte de Sophie-Hélène Lebeuf

Celui qui devient ainsi le 15e candidat républicain à se lancer dans la course compte se démarquer de ses rivaux en se présentant comme un « combattant » et un « gagnant », capable de se faire élire en mettant de l'avant ses valeurs d'homme « conservateur, audacieux et déterminé » et de « rendre sa grandeur à l'Amérique ».

Les sondages le placent parmi les meneurs. Selon une moyenne des sondages réalisée par le site RealClearPolitics.com, il figure au deuxième rang des favoris républicains, avec 9,8 %des voix, derrière l'ancien gouverneur de la Floride Jeb Bush (17,8 %). Les plus récentes enquêtes d'opinion lui accordent toutefois la troisième place, devancé de peu par le multimilliardaire Donald Trump.

Scott Walker met les républicains en garde contre la tendance du Parti à toujours élire un politicien moins à droite que ne le sont la majorité des militants, comme John McCain ou Mitt Romney, tous deux battus par Barack Obama. Pointe à peine voilée contre, par exemple, un Jeb Bush, perçu comme un modéré.

« Trop longtemps, ils [les responsables du Parti républicain] ont dit que nous devions faire des compromis pour gagner », peut-on entendre dans la vidéo qui confirme ses ambitions présidentielles. Scott Walker a adopté des budgets équilibrés, baissé les impôts, créé des emplois, amélioré l'éducation et « battu les groupes de pression », poursuit la voix hors-champ.

L'antisyndicaliste honni par la gauche

Au premier rang de ces « groupes de pression » figurent les syndicats représentant les employés de la fonction publique. Peu après son arrivée en poste, en 2011, dans un État plutôt démocrate, le gouverneur avait réussi à faire adopter un projet de loi controversé qui retirait aux fonctionnaires - dont les enseignants, les pompiers et les policiers - la plupart de leurs droits de négociation collective. Cette période avait été marquée par des manifestations quotidiennes rassemblant des dizaines milliers de personnes.

Cette saga politique avait trouvé son dénouement en 2012, après un scrutin sur sa destitution, qu'il avait remporté par une faible majorité, notamment grâce à l'appui financier de riches conservateurs de tout le pays. Ceux-ci voyaient dans la bataille du Wisconsin un front essentiel de la guerre contre la gauche.

Du même souffle, ce chouchou du Tea Party s'est bâti la réputation d'un politicien qui a mis les syndicats au pas, un accomplissement sur lequel il compte bien miser au cours de sa campagne. 

En février dernier, il a même exploité ce filon pour répondre à une question d'un journaliste sur le groupe armé État islamique (EI).

Sa réponse avait suscité les critiques de nombreux observateurs, qui soulignaient que l'opposition de manifestants pacifiques n'était pas comparable à l'action armée de djihadistes.

Dans l'État qu'il dirige, le politicien de 47 ans applique en outre des réformes qui épousent l'orthodoxie républicaine : mesures proarmes à feu, restriction croissante de l'avortement, suppression des fonds publics aux centres de planification familiale, suppression de l'adhésion syndicale obligatoire dans certaines entreprises et obligation de présenter une carte d'identité pour voter, ce que les démocrates perçoivent comme une mesure dirigée contre les électeurs afro-américains et latino-américains.

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