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Se payer une fécondation in vitro grâce au sociofinancement

De plus en plus de couples québécois ont recours au sociofinancement pour payer les frais d'une fécondation in vitro (FIV) depuis que Québec a mis fin, en novembre 2015, à la gratuité pour tous de son programme de procréation assistée.

Un texte de Marie-Eve Cousineau

Claudia Houle et Steve Tousignant mènent actuellement leur première campagne de sociofinancement et c'est pour la cause de leur vie : avoir un enfant.

En février dernier, le couple de Terrebonne apprenait qu'il ne pourrait pas concevoir de bébé naturellement.

Steve Tousignant est infertile alors que Claudia Houle, qui souffre de diabète de type 1, est atteinte du syndrome des ovaires polykystiques, un trouble hormonal qui réduit ses chances de tomber enceinte.

Pour eux, la fécondation in vitro est la seule avenue possible, mais son coût, environ 11 000 $, est plus qu'ils ne peuvent se permettre. Le couple s'est en effet acheté une maison il y a à peine trois ans et Steve Tousignant démarre son entreprise.

« On ne voulait pas s'endetter encore plus » , explique Claudia Houle.

La nutritionniste de 33 ans a alors eu l'idée de lancer une campagne de sociofinancement, même si son conjoint était peu à l'aise avec le concept. « Je n'aime pas ben ben demander de l'aide en général », concède Steve Tousignant.

Le couple a jusqu'ici amassé près de 1800 $ en lançant un appel sur le site gofundme.com et plus de 7000 $ grâce à des dons personnels et à diverses activités de financement, comme un souper-spaghetti.

Plus populaire, le sociofinancement

De plus en plus de gens se tournent vers le sociofinancement pour payer leur fécondation in vitro, selon l'Association des couples infertiles du Québec.

« Quatre ou cinq couples nous contactent chaque semaine pour qu'on affiche leur campagne sur notre site web ou notre page Facebook, dit sa présidente Céline Braun. On ne peut malheureusement pas le faire puisqu'il y en a trop. »

Les couples ont accès à un nouveau crédit d'impôt du gouvernement québécois pour le traitement de la fertilité. Mais celui-ci est modulé en fonction de leur revenu. Et il comporte de nombreuses restrictions.

Vanne Pauzé, 25 ans, l'a appris à ses dépens. « Je n'aurai pas droit au crédit d'impôt, car mon conjoint, qui a 43 ans, a une fille [d'une relation précédente], dit la jeune femme infertile. J'ai toujours voulu un enfant. »

Pour payer les frais de leur FIV, le couple de L'Île-Perrot a lancé une campagne de sociofinancement en juin. Les conjoints, qui doivent rencontrer prochainement un conseiller financier de la clinique Procrea, envisagent aussi de contracter un prêt.

Moins de fécondation in vitro au Québec

Les cliniques de fertilité pâtissent aussi de la fin de la gratuité complète du programme de procréation assistée.

Le nombre de fécondations in vitro a diminué de 60 % chez Fertilys, à Laval.

« [Chez nous], ça a baissé d'à peu près 45 % », dit pour sa part Renée Cardinal, directrice des opérations et des communications à la clinique Ovo, à Montréal. Une centaine d'employés ont d'ailleurs été mis à pied au printemps.

Selon le ministère de la Santé et des Services sociaux, plus de 35 000 cycles de fécondation in vitro ont été réalisés entre 2010 et 2015. Aux yeux de Québec, ce programme coûtait toutefois trop cher.

Dr. Pierre Miron souligne que l'Ontario et plusieurs pays développés, comme la France et l'Angleterre, financent la fécondation in vitro. L'infertilité est reconnue comme une maladie par l'Organisation mondiale de la santé.

Le taux de succès de la fécondation in vitro dépend de plusieurs facteurs (âge de la femme, cause de l'infertilité, etc.). Un premier cycle de FIV fonctionne en général dans environ 30 % des cas.

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