Incapable d'emprunter suffisamment d'argent pour couvrir ses besoins financiers, Sears Canada se retrouve au bord de la faillite. L'entreprise, qui œuvre dans le commerce au détail, envisage une restructuration ou la vente pure et simple de son réseau de magasins.

La société n’a réussi à obtenir que 109 des 175 millions de dollars dont elle dit avoir besoin pour assurer sa survie, ce qui jette « un doute important sur la capacité de la société à poursuivre son exploitation », affirme Sears Canada par voie de communiqué.

« Les coffres sont à sec, et toutes les solutions sont envisagées pour redresser le bilan financier de l’entreprise », a expliqué la journaliste spécialisée en économie Andrée-Anne St-Arnaud sur les ondes d'ICI RDI.

« Le détaillant réfléchit donc à une restructuration – ce qui impliquerait une nouvelle vague de compressions et de nouvelles fermetures de magasins – ou la vente de son réseau », poursuit-elle. « Sears a même embauché un conseiller dans le but de dénicher un acheteur ».

Déficitaire depuis 2014, Sears Canada a vu sa situation financière se dégrader.

Les pertes ont plus que doublé, pour atteindre 144 millions de dollars au cours du premier trimestre 2017. Elles s'élevaient à 64 millions pour le même trimestre en 2016. Les revenus ont également diminué de 15 % au dernier trimestre.

Les revenus des derniers trimestres avaient été gonflés par la vente d’actifs, mais Sears Canada soutient qu’elle n’a plus tellement d’actifs à vendre.

Les créanciers sont maintenant hésitants à consentir des prêts à l’entreprise, de sorte que les sommes qui lui ont été consenties sont inférieures à ses besoins financiers.

Sears Canada emploie 16 000 personnes au pays, dont 3000 au Québec.

L’action de Sears Canada a chuté de 50 % depuis un an.

Sears n'a pas su s'adapter

Le président du syndicat des Travailleurs et Travailleuses unis de l'alimentation et du commerce du Québec (TUAC), Antonio Filato, n’est pas surpris des difficultés éprouvées par Sears Canada.

« Lorsque Sears a vendu sa marque d’outils Craftsman à Stanley-Black and Decker, c’était une indication que ça n’allait pas bien », a souligné M. Filato. « C’est un signe qu’ils avaient besoin d’argent. »

Le marché du détail est extrêmement compétitif, a-t-il souligné, et malheureusement, les dirigeants de Sears ont opté pour des compressions au lieu de s’adapter au marché.

Antonio Filato estime que Sears aurait dû utiliser la popularité de son catalogue pour se tourner vers le commerce en ligne.

« Aujourd’hui, c’est triste de voir que ce sont les travailleurs qui font les frais de ces transactions boursières, là où on ne pense uniquement qu’à la valeur de l’action au lieu de s’adapter au marché à court, moyen et long termes », a-t-il déploré.

M. Filato souhaite aux travailleurs qu’une entreprise achète Sears Canada et qu’elle choisisse de conserver les employés en place. Il cite le cas de Target, qui avait renvoyé tous les employés pour repartir à neuf, perdant du même coup leur expertise.

« Ils n’ont pas eu de succès », commente-t-il.

Le syndicaliste donne l'exemple d’Amazon, qui est né de la vente en ligne. « C’était uniquement une entreprise de vente en ligne, et ils sont en train d’ouvrir des magasins qui deviennent un peu les show rooms de l’entreprise », explique-t-il.

« Sears a déjà des catalogues, des photos de tous les produits; ils ont des points de services partout dans la province. Ils pourraient revirer ça s’ils sont capables de s’adapter rapidement au niveau de l’Internet », insiste-t-il.

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