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Secteur public : le Conseil du Trésor devra ouvrir ses coffres

Les syndicats représentant les enseignants ne partagent pas l'optimisme du gouvernement face aux négociations qui se dérouleront au cours des prochaines heures. Alors que le président du Conseil du Trésor maintient que l'entente doit se faire à coût nul, les syndicats le préviennent qu'il devra délier les cordons de la bourse pour parvenir à une entente négociée.

« Un règlement à coût nul, il n'y en aura pas », prévient la présidente de la Fédération des syndicats de l'enseignement (FSQ), affilié à la CSQ, Josée Scalabrini. Mme Scalabrini, le président de la Fédération autonome des enseignants (FAE), Sylvain Malette, et le président de l'Association provinciale des enseignantes et enseignants du Québec (APEQ-QPAT) abondent tous en ce sens.

Malheureusement, M. Malette estime que la situation n'a pas changé aux tables de négociations. Il précise en avoir reçu la confirmation des représentants de la partie patronale. « Le gouvernement n'a pas l'intention d'investir un sou de plus que ce que coûte actuellement le contrat de travail », ajoute le président de la FAE, Sylvain Malete.

La FAE a quitté les tables de négociations au début du mois de novembre et il n'a pas l'intention d'y revenir tant que le président du Conseil du Trésor, Martin Coiteux, ne sera pas revenu sur l'aspect salarial.

Pendant que les syndicats faisaient le point sur les négociations, le gouvernement a tenu un conseil des ministres, un exercice qui a lieu le mercredi en temps normal. Le gouvernement soutient qu'il s'agit d'une rencontre pour discuter des dossiers qui doivent être réglés avant la fin de la session parlementaire, qui prend fin vendredi prochain.

Le président du Conseil du Trésor a refusé de divulguer les sujets de discussion abordés au conseil des ministres, mais il a tenu un discours mesuré dans le dossier des négociations dans le secteur public. « La négociation vise à sécuriser le cadre financier du gouvernement », a déclaré M. Coiteux en précisant que ses offres permettant aux deux parties de faire des gains.

De la lourdeur de la tâche

« Nous avons appris hier qu'il semblerait que nous sommes en blitz de négociations... donc, c'est une bonne nouvelle en soi », ironise la présidente de la FSQ, déplorant du même souffle l'inertie du gouvernement au cours des 68 rencontres tenues depuis le début des négociations. « Les représentants de la partie patronale ne pouvaient pas avancer parce que les mandats n'étaient pas là », a déclaré Mme Scalabrini.

M. Malette précise que les négociations demeurent au point mort, et ce, même en ce qui concerne les conditions de travail. M. Malette estime que le gouvernement souhaite alourdir la tâche des enseignants qui réclament pourtant un allègement de ladite tâche.

Les enseignants veulent conserver une partie de leurs heures de travail pour préparer leurs cours, mais « les directions d'école veulent mettre la main sur l'entièreté de la tâche », selon M. Malette.

Léger réinvestissement

Le ministre de l'Éducation, François Blais, a quant à lui souligné le réinvestissement de 20 millions de dollars annoncé hier dans la mise à jour économique. « Vous allez voir ce que ça donner - 20 millions pour les prochains mois, 80 millions ensuite, donc 100 millions dans les prochains mois - de façon concrète », a-t-il ajouté.

« Investir en Éducation, c'est toujours responsable quand on a une disponibilité financière pour le faire », a déclaré le ministre Blais lorsqu'interrogé sur sa déclaration, effectuée il y a un environ un mois, à l'effet qu'il serait « irresponsable d'investir en Éducation ».

Le ministre Blais a expliqué qu'on lui demandait à l'époque de « précipiter » un réinvestissement en Éducationi. « Maintenant, aujourd'hui, ce qui est convenu, c'est que nous avons une marge de manœuvre pour le faire et nous le faisons. Nous tenons notre engagement. »

Le ministre Blais refuse de dire qu'il cède aux revendications des parents, il affirme plutôt que le gouvernement a réussi à résorber un déficit de 7 milliards de dollars en plus de « dégager une marge de manœuvre ». « Maintenant on peut faire des choix », se contente-t-il de souligner en précisant que le gouvernement réinvestirait avec « du vrai argent ».

Le gouvernement entend toutefois garder le contrôle des sommes réinvesties. « On va aller dans un chemin qui privilégie les services, la réussite aux élèves, a-t-il précisé. Je pense que nous serons assez créatifs. » 

Le président de la FAE a relativisé le réinvestissement de 20 millions de dollars du gouvernement en rappelant que les gouvernements avaient effectué des compressions d'un milliard de dollars au cours des cinq dernières années. « Le gouvernement est allé chercher 1000 $ dans les poches de chaque élève qui fréquent l'école public québécoise, hier, il a dit, je vais leur en redonner 22 $ », a-t-il illustré. Il ajoute que ce sont des sommes déjà budgétées, allouées aux commissions scolaires.

M. Mallette souligne le travail du ministre de la Santé, Gaétan Barrette, dans les négociations de son secteur d'activité. Il estime que M. Barrette assume ses responsabilités de ministre alors que M. Blais « semble se détacher de la situation » aux tables de négociations. « Il est ministre de l'Éducation, il ne peut prétendre que ça ne le concerne pas », a-t-il dénoncé.

M. Mallette reproche également au gouvernement de vouloir déconstruire l'État québécois en considérant l'éducation comme une dépense plutôt qu'un investissement.

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