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Séparation des familles migrantes : Trump riposte avec des familles victimes d’illégaux

Le président américain Donald Trump a reçu à Washington vendredi plusieurs parents qui ont perdu un enfant, tués par des immigrants illégaux, alors que la crise des enfants migrants séparés de leurs parents à la frontière reste entière.

Entouré de ces « Angel Families », un terme qui décrit les familles dont un membre a subi la violence de migrants illégaux, M. Trump a déploré le silence supposé des médias en ce qui a trait à ces événements.

« Ce sont les familles que les médias ignorent. Ils ne parlent pas d’elles. C’est très injuste », a clamé le président. « Ce sont les histoires dont les démocrates et les gens qui sont faibles par rapport à l’immigration ne veulent pas parler », a-t-il ajouté.

Donnant tour à tour la parole à des parents qui ont perdu un enfant dans des conditions terribles, le président a insisté sur l’aspect « permanent » de leur séparation.

« Ce sont des citoyens américains qui ont été séparés de façon permanente de leurs proches […] Ils ne sont pas séparés pour un jour ou deux, ils sont séparés de façon permanente, parce qu’ils ont été tués par des criminels étrangers illégaux », a dit M. Trump.

Sans aborder la question des enfants migrants séparés de leurs parents à la frontière, les propos du président leur faisaient écho, sachant que les familles pourraient éventuellement être réunies.

Des chiffres qui contredisent le propos

Les données compilées par différents organismes et agences démontrent pourtant que les immigrants commettent moins de crimes que la population américaine générale. La commission américaine de détermination de la peine (United States Sentencing Commission), qui compile ces données, démontre par exemple qu'en 2015, plus de 83,5 % des meurtres avaient été commis par des Américains d’origine, alors que 5,5 % d’entre eux l’étaient par des immigrants illégaux.

Les homicides involontaires étaient quant à eux commis par des Américains d’origine à hauteur de 96,2 % cette même année.

Trump appelle les républicains à suspendre les travaux

Cette présentation du président intervient alors que la crise liée à la séparation des enfants migrants d’avec leurs parents ne cesse d’indigner de part et d’autre.

Plusieurs élus, incluant des républicains, ont dénoncé tout au long de la semaine l’application de la politique « tolérance zéro » décidée par la Maison-Blanche, et qui fait en sorte que les enfants qui rentrent aux États-Unis avec leurs parents sont détenus séparément.

Face à la pression internationale aussi bien qu’intérieure, Donald Trump a renversé sa décision mercredi, autorisant dans les faits l’incarcération des familles, sans séparation, mais sans de limite de durée.

Le sort des quelque 2400 enfants déjà isolés de leurs parents reste incertain, les procédures pour les réunir avec leurs parents étant décrites par certains comme relevant du « chaos ».

Vendredi, le président a appelé les élus républicains du Congrès à suspendre leur projet de réforme de la législation sur l’immigration jusqu’aux élections de mi-mandat.

« Les républicains devraient arrêter de perdre leur temps sur l’immigration jusqu’à ce que nous élisions plus de sénateurs et de représentants au Congrès en novembre », a en effet tweeté le président.

Dans une série de messages, Donald Trump a invité les citoyens à élire plus de républicains aux élections de mi-mandat, afin de faire passer « la meilleure, la plus complète et la plus équitable des législations mondiales sur l'immigration », qualifiant au passage les démocrates « d’obstructionnistes ».

Le Parti républicain est majoritaire dans les deux chambres, mais ne dispose que de 51 des 100 sièges sénatoriaux, ce qui le contraint souvent à composer avec les démocrates.

Une proposition de loi présentée par les membres les plus conservateurs du Parti républicain, qui aurait notamment mis fin à la séparation des familles d'immigrés clandestins, a été rejetée jeudi à la Chambre des représentants : 41 républicains ont voté contre.

L'examen d'un autre projet de réforme, dit de compromis, a été reporté, probablement jusqu'à la semaine prochaine, mais les derniers tweets présidentiels pourraient changer la donne.

Les deux propositions, appuyées par Trump, prévoient un financement du mur qu'il veut faire construire le long de la frontière avec le Mexique. Le texte de compromis laisse toutefois aux « Dreamers », ces migrants entrés clandestinement aux États-Unis alors qu'ils étaient mineurs, la possibilité d'obtenir la nationalité américaine, ce qui n'était pas le cas de la proposition la plus conservatrice.

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