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Si ma soeur doit porter le voile, je le porterai aussi

Des hommes iraniens ont commencé à porter le hijab dans les médias sociaux. Ils appuient ainsi une campagne contre l'obligation pour les femmes de porter le voile en Iran.

Une « police de la moralité » surveille de près les femmes iraniennes depuis la révolution de 1979, qui a fait de l'Iran une République islamique. Celles qui exposent leur chevelure, un geste considéré comme honteux, risquent des sanctions allant d'amendes à des périodes de détention, voire la lapidation. Des affiches dans les rues rappellent qu'une femme non voilée risque d'être vue comme « impure » et qu'elle s'expose à des avances sexuelles.

Mais de plus en plus de femmes ont choisi de rejeter cette notion et refusent maintenant de porter le hijab, quitte à se raser la tête pour éviter qu'on leur reproche de montrer leurs cheveux. Et depuis une semaine, des hommes se font prendre en photo avec un voile sur la tête, leur conjointe ou une autre proche à leurs côtés, celle-ci sans voile.

Ils répondent ainsi à l'appel de Masih Alinejad, une journaliste et militante iranienne habitant à New York à l'origine de la campagne contre le port obligatoire du voile appelée My Stealthy Freedom (« Ma liberté furtive »), lancée en 2014.

Elle a reçu une trentaine de photos d'hommes en hijab depuis son nouvel appel, le 22 juillet dernier. D'autres publient leurs photos sur leurs propres comptes dans les médias sociaux, avec le mot-clic #MenInHijab.

« La plupart de ces hommes vivent en Iran et ont été témoins des souffrances des femmes aux mains de la police de la moralité, et de l'humiliation que représente le port forcé du voile », explique Masih Alinejad en entrevue au journal The Independant.

« C'est une insulte à leur dignité », estime-t-elle.

Un homme a écrit que le fait de porter le voile de sa défunte mère lui a fait prendre conscience de la liberté dont il jouit, une liberté qu'on a arrachée à sa mère.

« Ma mère a commencé à porter le hijab lors de la révolution islamique parce que c'est devenu obligatoire, a-t-il raconté. Elle n'y a jamais cru. [...] J'ai toujours eu honte pour ma mère et mes soeurs. »

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