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Si Trump quitte l'accord sur le nucléaire iranien, il le « regrettera », dit Téhéran

S'il décide de « déchirer » l'accord sur le nucléaire iranien, le président américain Donald Trump le « regrettera comme jamais », a mis en garde le chef d'État Hassan Rohani. Le président français Emmanuel Macron va plus loin encore et évoque un conflit armé entre Washington et Téhéran.

Dans un discours retransmis sur les ondes de la télévision publique, le président iranien a ainsi affirmé que « si les États-Unis quittent l'accord nucléaire, vous verrez bientôt qu'ils le regretteront comme jamais dans l'Histoire », sans toutefois préciser ses intentions.

Vivement opposé au texte de cet accord conclu en juillet 2015 entre l'Iran, les États-Unis, la France, le Royaume-Uni, la Russie, la Chine et l'Allemagne, le locataire de la Maison-Blanche tempête depuis des mois sur cette question, et a imposé aux Européens de « résoudre les problèmes » d'ici le 12 mai, sans quoi Washington pourrait se retirer unilatéralement de l'entente.

C'est également la date à laquelle les États-Unis doivent « certifier » ou non l'accord, c'est-à-dire indiquer si l'Iran respecte les conditions établies.

Le texte stipule que l'Iran renonce à se doter d'armes atomiques et accepte de restreindre son programme nucléaire afin d'assurer que ses activités dans le domaine n'aient aucune visée militaire.

En échange, Téhéran a obtenu la levée progressive et temporaire de sanctions internationales qui ont mis à mal son économie.

Face à l'intransigeance de la Maison-Blanche, le régime des ayatollahs a adopté une position tout aussi dure.

Le guide suprême de l'Iran, l'ayatollah Ali Khamenei, a laissé entendre, jeudi, que son pays quitterait lui aussi l'accord si Washington le rejetait.

Du côté des plus modérés, le président Rohani et son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, les deux principaux responsables de la déclinaison iranienne de l'accord, ont maintenu un certain flou depuis quelques semaines. « Quelle que soit la décision de Trump, nous résisterons », a néanmoins déclaré M. Rohani, dimanche.

Ainsi, « les ordres nécessaires » auraient été donnés « depuis plusieurs mois », a déclaré le président.

Pas question pour l'Iran, non plus, de resserrer les contrôles sur ses programmes de missile et d'entraver ses démarches géopolitiques régionales, comme le souhaitent les chancelleries européennes.

« [Nous] construirons autant de missiles et d'armes » que nécessaire à des fins de défense, a martelé M. Rohani.

Si le pouvoir iranien est prêt à discuter des questions régionales, M. Rohani a opposé une fin de non-recevoir à des modifications dans son combat « contre le terrorisme ».

« Nous voulons parler avec le monde pour que notre région soit sûre », mais « nous ne vous permettrons pas de créer un nouveau Daech », a ajouté le président iranien en utilisant l'acronyme arabe du groupe armé État islamique.

Éviter la guerre

Le président français Emmanuel Macron a carrément évoqué la possibilité d'un conflit armé, dans un entretien publié dimanche dans l'hebdomadaire allemand Der Spiegel, parlant de « l'ouverture d'une boîte de Pandore » en cas de sortie de l'accord par les États-Unis.

Le ministre britannique des Affaires étrangères, Boris Johnson, doit s'entretenir dimanche avec des responsables américains à la Maison-Blanche.

Plus près de l'Iran, le premier ministre israélien Benyamin Nétanyahou a encouragé Donald Trump à sortir de l'accord sur le nucléaire.

M. Nétanyahou a qualifié l'accord actuel « d'entente qui permet à l'Iran de conserver et de cacher ses connaissances pour développer une bombe nucléaire », lors d'une allocution devant la presse étrangère.

La semaine dernière, le premier ministre a affirmé qu'« une demi-tonne » de documents iraniens portant sur la question nucléaire, saisis par les renseignements israéliens, révèlent que l'Iran avait menti à propos de ses précédentes démarches visant à mettre au point des armes atomiques.

M. Nétanyahou n'a toutefois pas présenté de preuves indiquant que Téhéran avait violé les conditions de l'accord de 2015, mais a affirmé que les documents indiquaient que l'on ne pouvait pas faire confiance à l'Iran.

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