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Signature de l'accord Canada-UE : symbole et leçons pour le gouvernement Trudeau

Le premier ministre Justin Trudeau doit signer dimanche à Bruxelles l'Accord économique et commercial global entre le Canada et l'Union européenne (UE). Une étape cruciale d'un processus qui a causé bien des maux de tête aux autorités canadiennes et européennes.

Un texte de Raphaël Bouvier-Auclair

C'est jeudi dernier que Justin Trudeau aurait dû être dans la capitale belge, pour signer le traité aux côtés de hauts dirigeants européens.

Avec l'opposition de certaines régions de Belgique, notamment la Wallonie, la signature a été menacée, puis repoussée après que les différents gouvernements belges se sont entendus jeudi sur une déclaration interprétative de l'accord.

Trudeau, un champion du libre-échange?

Même si la signature n'est pas une finalité, elle représente un symbole important pour le premier ministre Trudeau, lui qui fait de l'ouverture des frontières un thème central des discours qu'il prononce au Canada, comme ailleurs.

Sur la planète, Justin Trudeau veut se présenter en alternative au protectionnisme. 

« Ça aide en crédibilité au niveau de l'ordre du jour d'ouverture du Canada », explique le professeur agrégé au département des Affaires publiques et internationales à l'Université d'Ottawa, Patrick Leblond.

Il note que Justin Trudeau se rendra sous peu au sommet de la Coopération économique pour l'Asie-Pacifique et qu'il pourra avoir en main l'accord avec l'UE comme carte de visite.

Malgré tout, pour le directeur du CÉRIUM (Centre d'études et de recherches internationales) et professeur à l'Université de Montréal, Frédéric Mérand, les critiques formulées en Europe, tout comme les propos protectionnistes qui ont des échos de plus en plus fort aux États-Unis, montrent bel et bien que « le vent a tourné sur les questions d'accord de libre-échange ». 

Toujours de l'opposition

Malgré la signature et même si les gouvernements belges ont décidé d'approuver l'accord sous condition, l'opposition se fait toujours entendre en Europe.

C'est ce qu'a constaté à Bruxelles et Strasbourg ces derniers jours Sujata Dey, du Conseil des Canadiens, un groupe lui-même critique du traité.

Elle estime que la cérémonie de signature est une « opération de relation publique, une manière de montrer qu'on a réussi ». Sujata Dey croit que plus que de savourer une victoire, le gouvernement devrait tirer des leçons des revirements des derniers jours.

Pour le professeur de l'Université d'Ottawa, Patrick Leblond, qui est favorable à l'accord, il y aura toujours des opposants à ce type d'entente commerciale.

Selon lui, le gouvernement Trudeau devrait se doter d'outils pour trouver des moyens d'aider ceux qui se sentent laissés de côté par ces traités. Par exemple, en mettant sur pied un comité qui se pencherait sur la question. 

D'ailleurs au pays, les producteurs laitiers attendent toujours des informations concrètes de la part du gouvernement Trudeau sur les compensations qui avaient été promises par le gouvernement Harper en lien avec l'accord de libre-échange Canada-UE.

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