Les inondations de ce printemps vont marquer notre histoire. Mais pour l'instant, elles ont surtout marqué les familles. Rencontre avec des sinistrés qui ne sont pas près d'oublier ce printemps 2017.

Un texte de Gildas Meneu, de Remue-ménage

La maison de Jessie Armand et Marianne Paquette n’était pas en zone inondable, et pourtant, une nuit d’avril, le sous-sol est soudainement rempli d’eau.

La petite famille a dû quitter la maison en catastrophe. Pendant que Jessie surveillait les pompes jour et nuit, sa conjointe et leurs deux enfants ont été relogés à l’hôtel par la Croix-Rouge. Ils ont ensuite trouvé refuge chez des amis.

Sans leur père, la première nuit n’est pas facile pour les enfants.

Un tel sinistre est un véritable choc pour les familles, constate la coordonnatrice de l’aide psychosociale pour la Sécurité civile de la région Laurentides, Véronique Séguin.

Jessie et Marianne ont pris le pari d’impliquer les enfants. Avec l’aide de l’armée, ils ont préparé des sacs de sable.

« Ça peut être bien, remarque Véronique Séguin, pour qu’ils comprennent un peu plus ce qui se passe. L’entraide, ça peut aussi leur apporter une forme d’aide. »

Dans le même quartier, ce sont aussi des centaines de sacs de sable qui ont sauvé la maison des Lallemand. Tous les amis et voisins ont donné un coup de main. De l’aide qui a beaucoup touché Stéphane Lallemand.

La conjointe de Stéphane Lallemand, Manon Boucher, a été relogée pendant deux semaines avec leurs quatre enfants dans un hôtel de Saint-Jérôme.

Mais vivre dans le fouillis d’une petite chambre, en l’absence du père et sans la routine habituelle a vite usé Manon Boucher. « C’était interminable. L’énergie est complètement à plat. »

Rien d’étonnant pour la psychoéducatrice Véronique Séguin.

« Les gens sont dans une période héroïque. Ils font tout pour sauver leur maison. Ils mobilisent toute leur énergie pour faire le maximum. Après ça commence la deuxième phase, la période où l’eau se retire graduellement, le beau temps arrive, les gens peuvent respirer un peu. »

C’est là qu’il faut surveiller les symptômes, rappelle Véronique Séguin.

« Si la personne a des difficultés de sommeil, si elle est irritable, s’isole davantage, a de la difficulté à vaquer à ses occupations quotidiennes, c’est là qu’on doit lever le drapeau et aller chercher de l’aide spécialisée. ».

L’armée et la sécurité publique ont maintenant quitté les lieux. Mais la reconstruction sera longue. Les sinistrés doivent continuer à surveiller leur santé mentale.

Des semaines après les inondations, la Santé publique appréhende toujours une phase de détresse.

Les personnes touchées ne doivent pas hésiter à composer le 8-1-1, une ligne sans frais mise sur pied par la Santé publique pour aider les familles à retrouver leur équilibre.

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