Les demandeurs d'asile sont accueillis dans « des conditions exécrables » au camp de Saint-Bernard-de-Lacolle, en Montérégie, déplore le porte-parole du Comité d'action des personnes sans statut, alors que les autorités restent avare de commentaires.

« Nous trouvons ça choquant, révoltant. Et ça m’attriste personnellement », déplore Serge Bouchereau, venu sur place pour visiter les installations et parler aux migrants.L’Agence des services frontaliers et la Croix-Rouge lui ont toutefois refusé l’accès.« D’après ce que nous avons appris, ces gens-là sont reçus dans des conditions exécrables », note-t-il cependant, donnant l'exemple de gens contraints de coucher sur le sol et déplorant le manque d’installations sanitaires.Le campement compte pour l’heure 32 tentes pouvant accueillir plus de 500 migrants. Les nouveaux venus seraient toutefois obligés de se partager quelques toilettes. On ignore si des douches sont également mises à leur disposition.

En vertu de la Convention de Genève, le Canada doit accueillir les migrants de façon décente, estime M. Bouchereau.

En plus des conditions de vie, des cas de gastroentérite auraient été rapportés. 14 personnes ont dû être soignées, selon la porte-parole du programme régional d'accueil et d'intégration des demandeurs d'asile (PRAIDA), Francine Dupuis.

Or, la veille, les services frontaliers avaient indiqué qu'aucune trace de maladie infectieuse n'avait été décelée par des sources médicales.

Une large tente installée par les Forces armées canadiennes servirait maintenant à mettre en quarantaine les demandeurs d’asile aux prises avec la gastroentérite.

Silence radio

L’Agence des services frontaliers refuse de divulguer le nombre de migrants installés au campement, mais ce nombre devrait assurément aller augmentant, estime Hélène Laverdière, députée de Laurier-Ste-Marie et porte-parole des affaires étrangères NPD, qui cite des sources gouvernementales.Devant cet afflux important, Mme Laverdière s'interroge sur le silence du gouvernement de Justin Trudeau. « Où sont les ministres, où est le premier ministre? [Ils n’ont] pas l’air d’avoir de plan », souligne-t-elle.

Selon la députée de Laurier-Sainte-Marie, des mesures doivent être prises afin d’accélérer le traitement des dossiers des demandeurs d'asile. « Tout est retardé. Les évaluations sur place se font après plusieurs semaines », déplore-t-elle.Une stratégie de communication devrait aussi être mise de l’avant pour venir corriger certaines rumeurs qui se propagent dans les communautés haïtiennes aux États-Unis, selon lesquelles « il est facile de venir au Canada », soutient Mme Laverdière.« Il faudrait faire comprendre aux gens qui se présentent que leurs demandes d’asile ne vont pas être nécessairement acceptées », rappelle-t-elle.

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