Le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitao, présente cet après-midi son cinquième et dernier budget avant les élections automnales. Voici ce que l'on sait.

Un texte d’Éric Larouche

Faire oublier ses premiers budgets sous le signe de l’austérité, tout en maintenant l’équilibre budgétaire, voilà les objectifs du ministre Leitao, et ce, dans un contexte préélectoral.

Les contribuables ne devraient pas pour autant s’attendre à d’importantes nouvelles baisses d’impôts, après celle annoncée dans la mise à jour économique de novembre dernier. Le gouvernement libéral veut plutôt « redonner du temps de qualité » aux familles, comme l’a évoqué le ministre Leitao plus tôt ce mois-ci.

1) Plus de congés

Dans son budget, le ministre Leitao devrait revenir sur des mesures du projet de loi déposé la semaine dernière pour réformer les normes du travail. Entre autres, les travailleurs auraient plus de congés, notamment pour aider un proche ou en cas du décès d’un enfant mineur.

Le mois dernier, Québec avait aussi fait part de son intention de permettre aux nouveaux parents d'étaler les congés parentaux auxquels ils ont droit sur une période de deux ans. Ces gains pour les travailleurs auront des impacts pour les entreprises, qui pourraient profiter d’une réduction de leur fardeau fiscal.

2) Aider les PME

Au début de l’année, le premier ministre Philippe Couillard a fait part de l’intention de son gouvernement de réduire les impôts des petites et moyennes entreprises (PME), comme elles l’ont souvent réclamé.

Les PME doivent notamment composer avec la hausse du salaire minimum, l’incertitude entourant la renégociation de l’ALENA et l’augmentation des cotisations au Régime de rentes du Québec, prévue pour 2019, pour bonifier les prestations de retraite des Québécois.

3) Réinvestir en santé et en éducation

Pour maintenir les finances publiques en ordre, Carlos Leitao doit contenir les dépenses. Le mois dernier lors de consultations prébudgétaires, il a précisé que la hausse des dépenses en santé sera « sans doute plus que 4 % », dont une partie importante couvrira la rémunération accrue accordée aux médecins spécialistes dans le cadre d’une entente décriée par l’opposition et plusieurs syndicats entre autres.

En éducation, le ministre Leitao devrait conserver le rythme soutenu des investissements, mais aussi miser sur la formation de la main-d’oeuvre dans un contexte de pénurie de travailleurs et où certains emplois sont menacés par des changements technologiques.

4) Miser sur la mobilité

Déjà, le gouvernement s’est engagé à financer un tramway à Québec, un troisième lien entre Lévis et la capitale et le REM entre Montréal et la Rive-Sud. Le cinquième budget Leitao devrait contenir d’autres mesures pour faciliter les déplacements des Québécois, et ce, partout dans la province à quelques semaines de la présentation d’une Politique de mobilité durable. Québec devrait notamment s'engager à prolonger l'autoroute 19 entre Laval et Bois-des-Filion et annoncer un bureau de projet pour la construction d'un nouveau pont sur le Saguenay.

Québec doit accroître ses efforts de réduction des gaz à effet de serre (GES), qui restent insuffisants, selon le rapport de mi-parcours de son Plan d’action sur les changements climatiques. En fait, depuis 1990, les émissions du secteur du transport ont bondi de 20 %.

5) La « taxe Netflix »

Contrairement à Ottawa, Québec a l’intention de percevoir la taxe de vente auprès des géants numériques étrangers, comme Airbnb ou Netflix, « c’est une question d’équité », selon le premier ministre Couillard, qui veut éviter que les entreprises québécoises qui perçoivent la TVQ soient désavantagées.

L’automne dernier, Québec estimait perdre quelque 270 millions de dollars par année en raison de la non-perception de la taxe de vente sur les biens et services en ligne.

6) Réduire le service de la dette

À la mi-mars, le gouvernement a confirmé son intention de puiser 2 milliards de dollars par année pendant cinq ans dans le Fonds des générations pour rembourser certains de ses emprunts et diminuer les intérêts payés, près de 9,8 milliards de dollars en 2018-2019.

La manoeuvre est financière, a plaidé le M. Leitao, qui anticipe une baisse des rendements boursiers et une hausse des taux d’intérêt. En réduisant le poids du service de la dette, il souhaite dégager une marge de manoeuvre supplémentaire, qu’il évalue à 1 milliard de dollars sur cinq ans, pour investir dans les services aux Québécois.

Avec les informations de Sébastien Bovet

Plus d'articles