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Sklavounos reste exclu du caucus, Couillard pose ses conditions

Le député de Laurier-Dorion, Gerry Sklavounos, devra effectuer une « déclaration très forte, très sentie et très sincère sur ces événements [...] », en plus de présenter « sa vision des relations, dans les milieux de travail, entre les hommes et les femmes », pour espérer être réintégré au sein du caucus libéral, a déclaré le chef du PLQ, Philippe Couillard.

Absous des accusations d'agressions sexuelles prononcées contre lui dans l'espace public par le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) qui a conclu, hier, « qu’aucun acte criminel n’a été commis », Gerry Sklavounos devra malgré tout poursuivre son séjour au purgatoire.

C’est le premier ministre Philippe Couillard qui a annoncé le verdict du caucus libéral dans l'épineux dossier de sa réintégration.

Sa réintégration éventuelle au caucus libéral ne peut être ni immédiate ni automatique.

Philippe Couillard

« La cause qui me guide profondément est la question de l’égalité homme-femme à un très haut niveau, mais spécifiquement de la nécessité que les femmes du Québec se sentent en sécurité dans leur milieu de travail et se sentent respectées dans leur milieu de travail », a poursuivi M. Couillard.

« Bien sûr, M. Sklavounos est député indépendant actuellement [et] rien ne l’empêche de venir siéger comme indépendant à l’Assemblée nationale. »

Sans faire directement référence aux allégations d’Alice Paquet, que le DPCP a jugé non fondées, M. Couillard faisait allusion à d’autres allégations qui avaient émergé dans la foulée du scandale.

D'autres membres du personnel de l'Assemblée nationale avaient déploré certains comportements de M. Sklavounos.

Le premier ministre Couillard estime que la population sera en mesure d’apprécier la valeur d’une éventuelle déclaration de M. Sklavounos, mais il soutient qu'au bout du compte, c'est à lui que la décision revient.

« La décision finale, c’est moi qui la prends, a poursuivi M. Couillard. Je crois qu’avant de prendre cette décision, il y a des facteurs qui doivent s’ajouter. Outre la déclaration, il m’apparaît important [que M. Sklavounos] indique également sa démarche personnelle. Il faut qu’il indique comment il entend se gouverner lui-même à l’avenir dans ces questions. »

De son côté, l'Association libérale de Laurier-Dorion, la circonscription représentée par M. Sklavounos, a demandé au caucus libéral de réintégrer le député.

Charge de Barrette contre le PQ

Plus tôt en matinée, le ministre de la Santé avait vertement critiqué la whip en chef du PQ, Carole Poirier, et la députée de Québec solidaire, Manon Massé, les deux femmes s'étant déclarées solidaires de la plaignante à l’origine des allégations contre M. Sklavounos malgré la décision du DPCP.

« On a deux députées qui sont membres de l’Assemblée nationale – l’Assemblée nationale qui est le haut lieu législatif, le défenseur des droits au Québec – et qui s’en vont sur la place publique dire qu’[elles] ne respectent pas les décisions judiciaires », a lancé Gaétan Barrette à son arrivée au caucus du PLQ.

Le ministre Barrette s’est particulièrement acharné contre le PQ. « On sait que c’est un parti qui est prêt à enlever des droits aux gens. C’est ça, le Parti québécois, là. Le Parti québécois est prêt à tout. »

Mme Massé a déclaré qu’elle croyait la plaignante malgré la décision du DPCP qui soutient qu’aucun crime n’a été commis. « Bien sûr que je la crois! » a-t-elle déclaré. « Je la crois comme j’ai cru mes soeurs autochtones pendant des années pendant que nous – un nous collectif –, on ne les croyait pas. »

Alice Paquet persiste et signe

De son côté, la plaignante, qui accuse M. Sklavounos de l’avoir violée, a publié dans le quotidien Le Devoir une lettre où elle maintient sa version des faits.

Alice Paquet critique le système de justice qui, selon elle, traite injustement les victimes d’agression sexuelle.

Mme Paquet reproche au système judiciaire de tenir compte des « moeurs sexuelles » des victimes dans sa prise de décision et de requérir un niveau de preuve trop exigeant pour leur rendre justice.

Les allégations de la jeune femme avaient forcé M. Sklavounos à se retirer du caucus du PLQ en octobre dernier.

M. Sklavounos a toujours clamé son innocence sans commenter davantage les faits qui lui étaient reprochés par la plaignante pour éviter de nuire à l’enquête policière. Il avait également émis le souhait que la lumière soit faite sur les allégations lancées à son endroit.

L’avocat de formation a été élu à l’Assemblée nationale pour la première fois en 2007.

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