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Soins de fin de vie : Québec annoncera lundi de l'aide pour les proches aidants

À moins d'un mois de l'entrée en vigueur de la loi sur les soins de fin de vie, le gouvernement québécois présentera lundi un plan de développement « des soins palliatifs et de fin de vie ».

Un texte de Davide Gentile

La loi précise que chaque Québécois doit avoir accès à des soins palliatifs, elle balise aussi la sédation palliative continue en plus d'instituer l'aide à mourir.

Québec pense que le réseau peut atteindre rapidement ces objectifs et présente un plan de développement pour s'assurer d'y arriver. Selon nos informations, une dizaine de priorités sont établies.

Le plan viserait entre autres à « assurer l'accès » à l'aide médicale à mourir. Mais le gros des orientations permettrait d'atteindre le principal objectif de la loi : assurer un meilleur accès et une meilleure qualité de soins palliatifs.

Pour réussir ce virage, Québec souhaite entre autres améliorer l'offre de soins palliatifs à domicile. Par exemple, en assurant que la personne en fin de vie puisse compter sur une équipe pluridisciplinaire et qu'elle ait accès à des services « en tout temps ».

CLSC, hôpitaux et organismes communautaires seront invités à coordonner leurs gestes pour favoriser le maintien à domicile des malades en fin de vie. Et parce que les proches aidants sont essentiels à ce que les malades puissent rester à leur domicile, on précisera demain des mesures d'aide financière pour les proches aidants.

« L'équité dans l'accès » serait aussi une priorité. On comprend ici que le gouvernement veut que les citoyens de tous les âges et de toutes les régions aient la même qualité de soins palliatifs. À un mois de l'entrée en vigueur de la nouvelle loi, le ministre de la Santé prônera d'instaurer « une culture de formation » chez les professionnels du secteur.

L'idée d'offrir de la formation dans le réseau apparaît positive aux yeux de Geneviève Dechêne. La médecin, qui travaille en soins palliatifs à domicile dans le sud-ouest de Montréal au CLSC de Verdun, n'entrevoit « pas de défi particulier » quant à la sédation palliative continue, une pratique déjà répandue. Sa collègue Éveline Gaillardetz pense que c'est différent en ce qui a trait à l'aide à mourir.

« On ne fait pas ça d'habitude, utiliser une seringue pour donner la mort à des patients. Donc, oui, je pense qu'il y a un besoin de formation. » Mais elle ne croit pas les demandes soient nombreuses de la part des patients. Selon elle, il est rare que des patients disent : « S'il vous plaît, tuez-moi docteur. » « S'ils sont bien soulagés, s'ils sont bien accompagnés, cette demande-là, on ne la vit pas souvent », dit-elle.

Elle pense que la clé réside dans l'amélioration des soins palliatifs à domicile. « C'est le besoin numéro un avant même d'avoir à parler d'aide médicale à mourir. » Geneviève Dechêne accuse la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec de désavantager les médecins qui font des visites à domicile. « Mon syndicat fait en sorte depuis 15 ans de décourager, de punir la visite à domicile », dit Mme Dechêne.

Selon elle, la rémunération ne serait pas ajustée à ce genre de pratique. En conséquence, « il y a de moins en moins de médecins qui choisissent de faire des visites à domicile. Et encore moins des soins palliatifs ». Elle pense qu'il faut régler ce problème parce qu'actuellement les médecins québécois « reçoivent deux ou trois fois moins lorsqu'ils font des visites à domicile que lorsqu'ils restent en cabinet ».

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