La France était sous le choc samedi des attentats sanglants qui ont éclaboussé sa capitale. Mais plus forte encore que la colère, c'est la solidarité qui a teinté leur journée.

Pour la première fois en 10 ans, le président François Hollande a dû déclarer l'état d'urgence au pays, en plus de trois jours de deuil national, après la série d'attentats qui a fait au moins 129 morts et 352 blessés, vendredi soir.

Dès le lever du jour, des milliers de personnes se sont réunies devant les lieux visés la veille par les terroristes.

Des bouquets de fleurs, des bougies et des messages de solidarité ont été déposés au pied des immeubles tout au long de la journée et de la soirée. Les drapeaux des édifices publics ont été mis en berne et hissés à mi-mât.

Des fleurs sont déposées devant le Carillon, au lendemain de la tragédie. Photo : Reuters/Christian Hartmann

Solidarité internationale 

Partout dans le monde, des hommages aux victimes ont aussi été rendus, sous les couleurs du drapeau français : bleu, blanc et rouge. À Québec, citoyens et politiciens se sont retrouvés devant le consulat français.

Une minute de silence a été observée. La Marseillaise, l'hymne national de la France, a également été entamée à l'unisson par la foule, qui a été invitée à signer un registre de condoléances.

La Marseillaise a aussi résonné à New York comme à Washington, sous des drapeaux en berne, dans deux rassemblements qui ont attiré plus d'un millier de personnes.

« J'entends de mes amis en France qu'ils sont sensibles aux manifestations de soutien dans le monde et particulièrement à New York, donc je suis venue », a dit Marie-Josée O'Keefe.

À Washington, le président Barack Obama n'a pu se recueillir, puisqu'il s'était déjà envolé vers la Turquie pour participer au sommet du G20. Il était donc représenté par son bras-droit, le secrétaire général de la Maison-Blanche Denis McDonough, qui s'est tenu, silencieux, aux côté de l'ambassadeur de France aux États-Unis, Gérard Araud.

Berlin, Londres, Toronto, Brisbane et Tel-Aviv font également partie de ces villes qui ont tenu un rassemblement en soutien à la France, sans compter tous ces autres gestes de solidarité, petits et grands, rapportés par les médias sociaux. Un mouvement invitait notamment les gens à mettre des bougies dans leur fenêtre, de manière symbolique. 

La Marseillaise a été interprétée avant le match entre le Canadien et l'Avalanche en guise de soutien et d'appui au peuple français à la suite des terribles événements survenus à Paris. Photo : PC/Graham Hughes

« Un acte de guerre », dit Hollande 

Au-delà de l'élan de solidarité qui a secoué la France et ses alliés, le président François Hollande est décidé à réagir, samedi. Tout en appelant les Français à « l'unité », il a qualifié les attentats d'« acte de guerre » contre la France.

« La France sera impitoyable à l'égard des barbares de Daesh [le groupe armé État islamique] et agira sur tous les terrains intérieurs comme extérieurs », a-t-il déclaré.

L'EI a revendiqué l'attaque samedi dans un communiqué officiel et a publié une vidéo non datée menaçant de perpétrer de nouvelles attaques terroristes en France si les raids aériens se poursuivent contre les combattants de l'organisation djihadiste en Syrie et en Irak. L'EI a déclaré que « la France demeurera une cible privilégiée tant qu'elle poursuivra la même politique au Moyen-Orient ».

« Tant que vous continuerez à nous bombarder, vous ne vivrez pas en paix. Vous aurez même peur de vous rendre au marché », a déclaré un des djihadistes apparaissant dans la vidéo.

De passage à Vienne pour une réunion sur la Syrie, le ministre français des Affaires étrangères, Laurent Fabius, a ajouté que ces attentats démontrent qu'il est « plus que jamais nécessaire » de « coordonner la lutte internationale contre le terrorisme ».

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