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Sondages au Québec : Mulcair « encouragé », Duceppe « face au vent »

Même s'il se dit « encouragé » par les récents sondages au Québec, le chef du Nouveau Parti démocratique met en garde contre un emballement prématuré.

Si l'on en croit les résultats d'un sondage CROP-La Presse publié jeudi, le NPD est en effet en voie de répéter son exploit de mai 2011 au Québec et d'écraser tous ses adversaires, le 19 octobre prochain.

Après répartition des indécis, le NPD récolte 47 % des appuis. Il devance, dans l'ordre, le Parti libéral de Justin Trudeau (20 %), le Bloc québécois de Gilles Duceppe (16 %) et le Parti conservateur de Stephen Harper (13 %).

Pour le NPD, il s'agit d'un gain de 13 % par rapport à un autre sondage, effectué par la même firme en juin. Avec 47 % des appuis, il obtient en fait son meilleur résultat depuis un an. C'est aussi davantage que les 43 % obtenus en mai 2011.

« On a deux mois de travail ardu devant nous, on ne prend absolument rien pour acquis », a néanmoins déclaré Thomas Mulcair, lors d'un point de presse à Vancouver, jeudi matin.

M. Mulcair a tout de même pris acte de ce qui semble être un climat favorable au Québec. « Je suis quand même encouragé de constater que le travail extraordinaire fait par nos députés depuis quatre ans est en train de se refléter dans un appui de la population, qui apprécie ces députés », a-t-il dit.

Le chef du NPD n'a pas voulu commenter la performance des autres partis dans les sondages. « Je laisserai les autres acteurs politiques tirer leurs propres conclusions là-dessus », a-t-il conclu.

Chute du Bloc québécois

Le portrait est tout autre pour le Bloc québécois, qui perd 9 points dans les intentions de vote par rapport à juin. L'effet provoqué par le retour de Gilles Duceppe à la barre de la formation souverainiste, le 10 juin dernier, semble donc s'être estompé.

En point de presse à Montréal, le chef bloquiste a d'abord affirmé que commenter les sondages n'était pas son travail, mais, évoquant une sortie à vélo qu'il fera en Gaspésie aux côtés du chef du Parti québécois, Pierre Karl Péladeau, au cours des prochains jours, il a offert une métaphore aux journalistes. « Il arrive qu'on pédale face au vent, mais une fois qu'on a pédalé face au vent, le restant de la route, on a le vent dans le dos, a lancé Gilles Duceppe. La dernière fois, on avait le vent dans le dos au départ, puis on avait le vent dans la face à la fin. Là, on va travailler très fort pour que ce soit l'inverse. »

Questionné sur la volonté de changement de gouvernement qui semble s'exprimer dans les sondages, et profiter aux néo-démocrates au Québec, M. Duceppe a estimé que le seul vote stratégique, « quand on veut un pays », était de voter pour des souverainistes. « Les intérêts du Québec, c'est d'avoir des gens qui se lèvent à Ottawa pour parler en leur nom, et pas des gens qui hésitent à le faire parce que ça nuit à des collègues des autres provinces. C'est exactement ça que font les trois autres partis », a-t-il résumé.

Le sondage confirme en outre une lente, mais persistante érosion des appuis du Parti libéral au Québec. Ce dernier récoltait la faveur de 22 % des électeurs en juin, contre 29 % en mars et en avril, et 37 % en décembre.

« Nous avons encore deux mois pour travailler très fort, pour connecter avec les gens, pour souligner que les Canadiens ont besoin de voter pour une option meilleure dans leur vie et dans leur avenir, et pas juste voter contre un gouvernement qu'ils n'aiment pas », a répondu le chef libéral Justin Trudeau à une question à ce sujet, jeudi à Victoria, en Colombie-Britannique.

Avec 13 % des intentions de vote, le Parti conservateur est en légère baisse; il obtenait l'approbation de 14 % des électeurs en juin. Le parti au pouvoir allait cependant chercher jusqu'à 18 % ou 19 % des appuis des répondants québécois au printemps.

Le Parti vert d'Elizabeth May ferme la marche avec 4 % des appuis.

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